A24, le nouveau code du cinéma indépendant

Par Clémentine Goldszal

Publié aujourd’hui à 06:00, mis à jour le 13:54

Jonah Hill, Greta Gerwig, Harmony Korine, Robert Pattinson, Michelle Williams, Jesse Eisenberg, Alicia Vikander et Adam Sandler ont collaboré avec A24.

Au matin de juin 2012, à New York, Noah Sacco commence un nouveau travail. Le jeune homme, âgé de 25 ans, s’installe dans un bâtiment industriel faisant don sur la West Side Highway, une route rapide brodée sur la rivière Hudson, à l’est de Manhattan. Arrivé dans un petit bureau, avec une table pour tout le mobilier, il se retrouve face à un mur de feuilles de papier affichant les différents projets de logo de son employeur, A24, une petite entreprise nouvellement créée dont il est le premier employé.

Une société de distribution comme il en existe des centaines dans le cinéma américain et dont le rôle est, il était une fois, un film de tournée, lui offrant la meilleure exposition possible, pour faire en sorte que les showrooms, les festivals de la sélection, que la campagne de promotion séduise les spectateurs, que le bouche-à-oreille fonctionne…

David Fenkel, Daniel Katz et John Hodges, les fondateurs, ont expliqué à Noah Sacco que le nom A24 est celui d’un itinéraire automobile qui traverse l’ouest de l’Italie à l’est, de Rome à Teramo. Souvenir d’un oiseau viril. Les trois trentenaires, qui ont fait leurs armes dans plusieurs domaines du cinéma indépendant et ont convaincu le fonds d’investissement Eldridge de les aider à se lancer, se proposent d’accompagner le développement et les acquisitions, avec pour mission de le priver de films à la recherche d’un distributeur .

Cannes, point de vue d’une année phénoménale

Dix ans plus tard, Noah Sacco n’est plus le seul membre de l’équipe A24. Ils sont aujourd’hui environ 150 à travers le monde. Après plusieurs adresses à New York, la société a signé en octobre un bail de 18 000 m² pour 18 000 m² de bureaux au cœur du très chic quartier de Chelsea. Depuis 2015, en plus de distribuer des films, A24 en production, accompagne financièrement des projets depuis l’idée originale jusqu’à son montage final. Entre deux douzaines et cinq longs métrages par an, pour un budget total de 70 millions de dollars.

Pour décorer leurs bureaux, ainsi que leurs locaux de Los Angeles et de Londres, les deux réalisateurs (John Hodges ayant quitté l’aventure, sans que le public rende les circonstances et les raisons de ce départ) peuvent encore compter sur la rémunération récoltée au fil des années par tous ces films distribués et produits. Sept Oscars et trois Emmy Awards, ainsi qu’une collection d’autres récompenses de festivals mondiaux.

Revisiteront-ils cette prochaine vingtième édition du Festival de Cannes avec une récompense, ou verront-ils une Palme d’Or ? Ce serait une consécration. Présent aux projections, samedi 28 mai, le studio sera présent sur toute la Croisette : deux films en compétition (Les étoiles à midide Claire Denis, et Se pointerde Kelly Reichardt), trois à la Quinzaine des réalisateurs (HommesAlex Garland, Pages drôlesOwen Kline, et Créatures de Dieu, Anna Rose Holmer et Saela Davis), l’une des semaines de la critique, le premier long métrage de l’acteur Jesse Eisenberg, Lorsque vous avez fini de sauver le monde, projetés en ouverture, et fours, comme la nouvelle série d’Olivier Assayas, adaptée de son film de 1996, Irma Vep (catégorie A certaine estime), ou encore le documentaire sur Jerry Lee Lewis signé Ethan Coen, sans son frère Joel, projeté en séance spéciale.

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