“Ça fait des mois qu’ils se taisent presque la parole” : Pécresse-Ciotti, sous campagne présidentielle

Maison de la Chimie à Paris. Dimanche 10 avril, soirée de la première – et unique – tournée de la présidentielle pour Valérie Pécresse. 18 heures, la foire est là. Les premiers dimanches hors des urnes se font de smartphone à smartphone. Et, s’il ne se faisait plus d’illusion sur leur qualification, les républicains comprennent, heureusement, que la défaite serait une humiliation.

Dans le grand hall de cet hôtel parisien particulier, à l’ambiance “hébergement de première classe”, il y a plus de journalistes que de militants. La garde rapprochée du candidat LR commence à arriver. Pour haïr, on installe des barrières pour faire face à la pression d’approche. Tête baissée, masque sur le nez, un à un, les barons sont abordés par une porte.

Sur TF1, pas au soir des élections

Il s’agit de Gérard Larcher, Damien Abad… ou encore Julien Aubert, rares à accepter d’élever quelques mots devant une micro forêt. “LR est vraiment en danger de mort”, siffle, entre autres, le député du Vaucluse. Il y a aussi les malheureux candidats à la primaire LR, Christian Jacob, Michel Barnier, Philippe Juvin.

Il en manque un. Mais où est Eric Ciotti ?

Le député des Alpes-Maritimes, arrivé devant Pécresse, au premier tour de l’élection interne en décembre, n’est pas resté à son siège, à Nice. Ciotti est bien situé à Paris, sur le plateau de TF1. Où, dès 20h15, avant même la déclaration du candidat, il évoque “une défaite brutale, une répression, une défaite historique ; une campagne qui n’a pas fonctionné, que ce soit sur la caisse, ou sur l’adéquation entre le candidat et le peuple de France”. Pas un mot pour défendre ce avec lequel il milite depuis des mois. Sur toutes les photos. De tous les voyages. Au premier rang dans tous les grands rendez-vous… Du moins au début.

“Profonds désaccords”

“Le flambeau brûlait entre Pécresse et Ciotti. Il n’a pas été mis à jour aujourd’hui. Ils se sont plus ou moins adressés le mot depuis des mois”, éclaire une proximité de deux élus. Le temps d’un déjeuner “photo-farcis” à la Petite Maison de Nice, le 6 décembre, marque le début d’une campagne à Saint-Martin-Vésubie dans la faute, dont, déjà, le divorce était quasiment consommé.

“Dès le début, ils ont eu un profond désaccord sur les enjeux à exercer. Valérie avait gagné, mais Ciotti ne l’a pas lâché, il n’a pas lâché ses marques sous prétexte qu’il avait évoqué la bataille des idées dans le premier tour de notre primaire. Nous sommes complets. C’est peut-être que Ciotti avait raison, mais Valérie n’était pas prête pour cette campagne”, “ analyse un républicain engagé dans la présidentielle. Ciotti, une loyauté trop écrasante ?

Cavaillon, le début de la fin

Le 8 janvier, le meeting de Cavaillon marque le début de la fin. Valérie Pécresse refuse de donner au député des Alpes-Maritimes un siège de son côté de la route. “Ciotti a explosé. Il a menacé de quitter la campagne. Valérie Pécresse a fini par abandonner car elle n’en avait vraiment pas besoin”, a dévoilé un élu LR azur. De là, “Ciotti a fait cavalier seul, il est allé faire campagne à ses côtés, avec le prétexte présidentiel, il a tenu des meetings publics. Mais en fait, il était dans la foulée”, souffle à proximité du candidat et du député.

La suite ? “Bien avant le monde, Ciotti avait compris que c’était mort pour les Républicains, une fois de plus. ajouter cette source. “Éric Ciotti envisage de remplacer Christian Jacob à la tête de LR”, croit, dur comme fer, un républicain. Qui signale un “rencontre très tendre” à La Fabrique, la campagne de campagne QG de Pécresse inaugurée le 4 janvier. C’était avant la réunion du Zénith. “Aujourd’hui, beaucoup ont essayé de faire comprendre à Eric Ciotti qu’il devait prendre sa retraite. Il n’était pas son président.” Le soufflé : “Cependant, avec le souvenir, je pense et je ne suis pas le seul, que Ciotti aurait été un meilleur candidat que Pécresse.”

“Notre relation nous concerne”

Eric Ciotti ne souhaite pas profiter de sa relation avec le candidat. Elle “notre préoccupation”, répond le député. Et c’est concéder “d’avoir, eh bien, des analyses divergentes sur le fond” avec Pécresse, il “conteste totalement certaines versions données récemment dans la presse”. Il conclut : “J’ai combattu loyalement avec plus de 50 meetings dans toute la France”.

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