Cela reflète les médias étrangers de la chanson de France et ses chances de Top 10

De notre envoyé spécial à Turin (Italie)

Mahmood, le représentant italien, dit à la télévision suédoise que la chanson de France était préférée par les Eurovision cette année. La Néerlandaise S10, nous a conffi, en marge de l’interview qu’elle nous a accordéequ’elle aimait beaucoup Fulenn. Malgré tout, la candidature française de cette édition, publiée par Alvan et Ahezdemande moins d’engagement que celui de Barbara Pravi il est passé avec C’est ça – dans le Top 10 des bookmakers à partir de cette semaine, il n’est plus sur leur radar ce samedi. Il faut dire que les Bretons passeront en première mi-temps de finale, en sixième position, ce qui n’est statistiquement pas la configuration la plus favorable pour intégrer le Top 10. Paradoxalement, sous le couvert d’avis plus ou moins formels dans la presse centre qui joue le Pala Alpitour de Turin, on ne trouve aucun véritable distracteur de Fulenn. Celle qui revient le plus souvent est la “surprise” que beaucoup ont trouvée en découvrant la chanson mais aussi en voyant la France envoyer une telle proposition au concours. Un grand nombre salue cet aperçu de la culture bretonne, loin du prisme parisien. Voici quelques-uns des avis recueillis – accompagnés de pronostics pour le résultat de la finale, qui sera diffusé à partir de 21h en direct sur France 2 ce samedi.

  • « L’intrigante langue bretonne »

Richard Van de Crommert, des Pays-Bas, est journaliste à Télégraphe

“Alvan et Ahez donnent du répit à la jeunesse.” Fulenn est une chanson très originale. Elle reste dans la tête. Lorsque je passe à ma playlist sur Spotify, je ne peux pas télécharger dancer. C’est vrai qu’à la première écoute, elle est peut-être un peu chaotique mais à l’écoute, on comprend comment elle est construite. La langue bretonne est intrigante et je pense que le monde entier l’aime. Il se peut qu’il puisse avoir un net avantage sur la télévision [le vote des téléspectateurs] qu’aux jurys. J’aime les tenues, le côté celtique, le fait que cette performance montre une facette de la France qu’elle n’a pas l’habitude de voir, ça montre une culture locale et c’est une richesse pour l’Eurovision. La réalisation est dynamique, elle vous prend par la main et ne vous fait pas rire. Quand la France construira, il n’y aura pas un moment où les gens iront aux toilettes ou rempliront le frigo, car c’est une peinture très forte. Je pense que ce sera dans la seconde moitié du Top 10. »

  • “Voir une langue celtique en direct sur scène, c’est important”

Neil Farren, irlandais, est rédacteur en chef d’Eurovoix :

« Sur scène, c’est magique. C’est quelque chose de très personnel pour moi. Je suis irlandais et l’irlandais est ma langue maternelle. Pour voir une autre langue celtique respirer et vivre sur scène, il est important de la montrer ici en Europe. La chanson me fait fuir, me projette dans une forêt, au travail, me donne l’impression d’être loin du monde. Je crois qu’elle peut s’attendre à un bon résultat, elle est forte, la scénographie est forte, les plans de caméras sont dynamiques. C’est l’énergie qui refroidit dans la chanson et qui refroidit dans les veines du public. Je pense que ça va vous donner une chance de danser et de voter. Je prédis une place dans le Top 10. »

  • “Un nouvel angle sur ce que signifie être français”

Christou Constantinos, Chypriote résidant à Londres, est l’éditeur du site ESCXtra :

“Je pense qu’Alvan et Ahez ont très bien utilisé la scène, je pense que c’était la meilleure proposition de scène. Le rendu à l’écran est impressionnant. Si vous vous connectez à cette chanson, vous votez pour elle. La France peut être fière d’afficher une de ses langues régionales. Cela vous permet d’explorer de nouveaux angles pour découvrir ce que signifie être français. Fulenn peut être cliché, mais je pense que c’est une bonne chose pour l’Eurovision. Je prévoyais un classement entre la 7e et la 13e place. »

  • “La France propose une expérience”

Clara Cabrera, Espagne, elle collabore sur le site Eurovoxx :

“La France offre une expérience. Il y a beaucoup de couleurs, c’est très visuel. Fulenn est une bonne chanson. Comme les Européens ne connaissent pas forcément le Breton et la Bretagne, toutes les images que la France a sont très centrales à Paris. J’aime aussi la broderie des costumes. Je crois qu’il a le potentiel d’augmenter le nombre de votes parce qu’il y a un storytelling [elle raconte une histoire]. Il me semble que les jurys sont vieux jeu, qu’ils aiment les ballades et performances vocales, mais l’industrie musicale évolue et peut-être que les diffuseurs ont choisi plus de jurisprudence avec ces tendances contemporaines. Mon pronostic pour la France ? La cinquième place. »

  • “L’Eurovision, c’est ce qui montre à un pays son identité”

Fin Ross Russel, Britannique, est rédacteur en chef pour ESC Insight :

“Je suis un grand fan de l’Eurovision et je regarde beaucoup de sélections nationales. Dans la finale espagnole, il y avait un formidable groupe de Galiciens, les Tanxugueiras, qui n’ont pas gagné. Je suis d’accord que c’était dommage car c’était et ce serait une représentation de la culture celtique à l’Eurovision. Quand j’ai vu Alvan et Ahez dans Eurovision France, c’est vous qui décidez, on vous dit que c’était parfait ! C’était très cool de voir les membres du jury gagner Fulenn : ils comprenaient, le titre du titre, l’identité bretonne, et l’importance de la montrer, de la partager avec un public international. J’ai du mal à faire un pronostic, mais s’il le faut, j’aimerais que la France termine 12e ou 13e. Pour moi, l’Eurovision, ce n’est pas une question de résultats, mais ce qu’un pays présente, ce qu’il montre de son identité. C’est aussi une façon de découvrir des artistes, et j’ai été dans le futur, j’ai eu hâte d’écouter d’autres chansons d’Ahez et d’Alvan. »

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *