Coupe d’Europe, sélections… Comment le rugby prépare (enfin) sa révolution

Jamais le dernier. L’équipe qui rendra compte la coupe des champions le 28 mai à Marseille lancera une rentrée de cycle en 1996, dans le sillage du rugby professionnel. Dès la saison prochaine, trois provinces sud-africaines, les Bulls, les Sharks et les Stormers, devront intégrer une épreuve jusqu’à ce qu’elle soit composée exclusivement de formations européennes. Autrement dit, en langue ovale : français, anglais, irlandais, suédois, galloise et italien.

“Le sauveur d’une Coupe d’Europe est forcément dénaturé”, a déclaré l’entraîneur du Stade Toulousain Ugo Mola, devant le tirage au sort des demi-finales ce samedi à Dublin à Leinster. L’autre moitié, 100 % française, affronte le Racing 92 à La Rochelle, dimanche à Lens. “Jérôme.” [Cazalbou, le manager du haut niveau à Toulouse] J’ai expliqué qu’il fallait partir lundi ou mardi en Afrique du Sud pour jouer samedi, avant de revenir et de préparer le prochain match. Ce sera une autre compétition. »

Et un nouvel ajout de façade, deux ans après le passage de 20 à 24 équipes sur fond de crise sanitaire, avec une formule digne de Stephen Hawking. Le flop des matchs perdus sur tapis de sol par le Covid n’a pas aidé à gagner la légitimité d’un tournoi qui a toujours eu du mal à assurer une place aux Français, Hormis ou à certains cinq français comme Toulouse, qui a remporté le prix. Par poudre, sans parler de la Challenge Cup, le petit est caché dans une pancarte sous l’escalator.

“La Coupe d’Europe, le monde entier se trompe”

“En rugby, la Coupe du monde reste le Graal et, derrière elle, les VI Nations est une marque forte, relève Lionel Maltese, maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille, spécialisé dans le management du sport. Mais sur la différence de l’Euroligue en basket ou la Ligue des Champions à piedla Coupe d’Europe de rugby, le monde entier se trompe, ça se voit dans les audiences, les droits TV… » Alors, pour être honnête, l’organisateur de l’EPCR veut parer son protégé de nouveaux atours.

Pa a gagné, même avec les principaux intéressés. Si l’audace d’un terrain se personnalise, la carrière de Thomas Ramos jouera ce conservateur : « Les Coupes d’Europe de rugby, elles veulent changer… Les Coupes d’Europe de foot, elles veulent changer… On est tout le temps à innover au lieu de faire des choses simples. qui sont parfois les meilleurs. » Il faut dire que la simplicité n’est pas la qualité première à laquelle on associe le rugby, comme dans les règles de son organisation.

Provinces contre clubs

« Il y a deux systèmes qui coexistent, analyse Mathieu Giudicelli, directeur général de Provale, le syndicat des joueuses et joueurs français. Le modèle des clubs, comme en Angleterre et en France, et le modèle des provinces, comme dans l’hémisphère sud [ainsi qu’en Irlande, au pays de Galles et en Ecosse]. C’est un tout autre système économique, plus précisément, qui ne tourne pas autour des Fédérations. Chez nous, il y a aussi la LNR qui gère le rugby pro, 30 clubs qui sont indépendants [Top 14 + Pro D2 à 16 clubs]. S’il ne faut pas changer de formule comme en Coupe d’Europe, il faut prendre exemple sur le Top 14, qui marche bien. »

Mais la révolution du rugby ne concerne pas le Vieux Continent. Lundi, le Fois; révélé que World Rugby, la Fédération Internationale, envisage la plus grande réforme depuis l’avènement du professionnalisme en 1995 : une compétition d’élite avec les 12 meilleures sélections (France, Angleterre, Irlande, pays de Galles, Ecosse, Italie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud , Australie, Argentine, Japon, Fidji).

Ce cousin du pied de page de la Ligue des Nations fait équipe depuis des années depuis 2026, pour ne pas se rendre à la Coupe du monde. Les matchs auront lieu lors des fenêtres internationales de juillet et novembre, et un système de promotion-relégation sera lié à une deuxième division également dans 12 pays (Géorgie, Roumanie, Espagne, Portugal, Pays-Bas, États-Unis, Canada, Uruguay, Chili , Namibie, Samoa, Tonga).

Le Top 14 comparable à la NFL

Selon le quotidien britannique, les partis préemptifs devront encore régler quelques problèmes « mineurs » avant une présentation du projet en novembre : partage des revenus et couples approuvés avec les pays de l’hémisphère Sud, les plus touchés par les conséquences du Covid qui a fait exploser le Super Rugby et le Rugby Championship.

“Quand le rugby se mondialise, c’est une bonne chose”, estime Ugo Mola. Après tout, j’ai été à la chevette de nous et d’autres. » Le manager estime que le système des provinces est fini par croasser ces clubs incarnés par notre bon vieux championnat, également défendu par Lionel Maltese. “Le Top 14 est comparable à la NFL en termes de niveau, c’est extrêmement compétitif. C’est une marque importante et attractive. Quand Canal+ gère les droits TV, c’est devant tout le Top 14 et la Formule 1, même si c’est le pied. C’est de très haute qualité. »

États-Unis, terre de mission

L’économiste du sport pointe le souci majeur qui, selon lui, pénalise le rugby : “Il y a beaucoup de partis leaders et pas de leadership. Il y a un problème de gouvernance pour équilibrer les intérêts des nations, des clubs, des joueurs. » Manquait au petit monde de l’ovale une sorte de Monsieur Loyal, sur le modèle du commissaire de la NBA. “Le rugby mondial souffre aussi du fait que les grandes nations économiques ne sont pas exposées : la Chine, les Etats-Unis ou l’Allemagne”, estime Lionel Maltese. Dans ce contexte, le choix, annoncé officiellement ce jeudi, d’attribuer la Coupe du monde 2031 aux terrains de football et de baseball américains n’est pas anodisé.

Si la révolution est en marche, ses petits soldats, déjà effrayés par le rythme soutenu des “batailles” et la violence des secousses, ne veulent pas qu’on les dévore. “Il existe déjà des dispositions qui protègent les joueurs”, a déclaré Mathieu Giudicelli. Selon les règles de la LNR, il est recommandé de ne pas participer à plus de cinq ou six matches officiels consécutifs, ou 300 à 400 minutes de jeu, car il y a une augmentation du nombre de blessures. Chaque week-end, Provale analyse le temps de chaque match et déclenche le sonnet d’alarme si besoin. »

Un rendez-vous entre syndicats de joueurs en juin

Le manager français rencontrera au mois de juin le Néo-Zélandais Conrad Smithl’Irlandais Brian O’Driscoll et d’autres membres de l’IRP (International Rugby Players), un syndicat transnational, pour faire le point sur la situation.

“Le calendrier est déjà surchargé, ce n’est pas possible qu’il y ait plus de matches, selon l’ancien pilier de Montpellier et Biarritz. Il peut y avoir des effets plus importants, avec plus de chiffre d’affaires. » Et aussi du bon contenu pour tous les trajets qui se préparent.

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