Devis, réservations, entrée payante… Ce sont les lieux où le tourisme de masse est le plus apprécié

Sous l’effet conjugué de la crise sanitaire et des préoccupations écologiques, de plus en plus de destinations imposent des restrictions, notamment de réservation, aux touristes.

Depuis début janvier, la plage thaïlandaise de Maya Bay est nouvellement accessible. Rendu célèbre du film La Plage avec Leonardo DiCaprio, elle avait été victime de son succès au moment de sa fermeture en 2018. A trois ans, les conditions sont revenues, les récifs coralliens ont été repoussés et l’eau a clairement été décidée par la Tourism Authority à trouver. Mais à deux conditions : le nombre maximum de visiteurs est fixé à 375 et la franchise reste interdite.

Plus près de nous, en Cantabrie, pour accéder au Plage des Cathédralesoù l’on peut s’aventurer dans la mer dans les cavernes dignes du film Les Goonies de Steven Spielberg, il doit déjà être présenté, à Pâques et pendant la saison, une autorisation gratuite – vraisemblablement complétée. Ces mêmes conditions prévaudront en France pour ceux qui souhaitent accéder au sublime calanque de Sugiton. Ce ne seront pas 500 à 600 évasions heureuses par jour, soit cinq fois moins que lors des dernières observations. Une première pour un Parc National de l’Hexagone.

Ces exemples sont loin d’être des cas isolés. S’il est impossible de chiffrer les restrictions imposées aux touristes, il est certain que le phénomène va s’amplifier. Et donc sous l’effet conjugué de la crise sanitaire, du rétablissement de la chasse et de la volonté de lutter contre les effets indésirables de tourisme de masse. Ils ne se limitent pas aux espaces naturels fragiles, mais aussi aux villes. Les restrictions imposées par les organismes publics comme privés pour limiter le nombre de touristes ou modifier leurs habitats sont d’une autre nature.

Ils peuvent être payants, comme l’augmentation des tarifs de stationnement ou l’installation d’une navette payante, ou spécifiques à un groupe ou à un appartement – Venise a également installé une redevance d’atterrissage pour les visiteurs de Vénus à Paquebots, interdite depuis août dans le centre-ville. Les restrictions peuvent également consister en un délai – quatre heures maximum Machu Picchu ou encore trente jours le ‘île de Pâques. Enfin, ils traduisent aussi de plus en plus de quotas, plus facilement contrôlables et nécessitent une réservation préalable.

Un nombre maximum de nuits à Amsterdam

Parmi les municipalités les plus radicales se trouvent Amsterdam, qui souhaite, selon ses propos, une “restauration de masse”. Selon une pétition de citoyens excédentaires, le conseil municipal a fixé en juillet 2021 un nombre maximum de vingt millions de nuitées touristiques par an, mais aussi un minimum de dix millions. Si les voyageurs continuent d’affluer ou au contraire quittent la ville – pour le moment, les lieux culturels et les boutiques sont fermés pour cause de confinement – la municipalité, considérée comme la première au monde à agir comme ben faut réagir. Début décembre, elle a annoncé une mesure, moins connue que celles qu’elle avait déjà demandées (augmenter le tarif de séjour, restreindre les emplacements Airbnb) : la ville va aider les commerçants à stocker les boutiques de souvenirs, les cafés et davantage de restaurants dédiés aux touristes «Afin de les transformer en logements locatifs abordables ou en magasins utilitaires pour les résidents. »

Dans d’autres villes, les habitants ne sont pas venus et ont commencé à gérer le centre. Après une étude de la Mairie de Lisbonnele nombre d’électeurs a également chuté de 15 % en seulement cinq ans, entre 2013 et 2018, période durant laquelle le nombre de touristes a le plus augmenté. “Le tourisme est plus nécessaire que toute autre politique pour une vision globale et à long terme”, soutenir Didier Arino, consultant du cabinet Protourisme. Remarquant que “Il ne faut pas oublier que Venise a déjà été sauvée par les touristes”, le consultant incite ses clients à définir précisément quel type de tourisme ils souhaitent promouvoir. Cette ambition doit se traduire ensuite en actions, mais dans des domaines différents. « Utilité pour opposer touristes et résidents, qui visitent aussi leur région. Où est l’importance de prendre en compte les questions de logement et de mobilité, par exemple », ajoute Didier Arino. Eh bien les conséquences sur le système hospitalier local, en cas de vague de contamination, ou encore sur les installations sanitaires. Ainsi, sur la côte basque, l’été dernier, plusieurs plaies ont été fermées compte tenu de la présence d’une algue rouge, notamment en raison d’une capacité insuffisante des stations de traitement des eaux utilisées pendant la saison des festivals.

La région basque une partie des destinations françaises qui a commencé à traduire la maxime “moins mais mieux” en actes. “Nous avons plus l’ambition d’augmenter le nombre de visiteurs cette année. Nous voulons mieux gérer le flux en triant des sentiers gracieux grâce à des alternatives de plages et des sites les plus connus à découvrir en toute saison », selon Daniel Olçomendy, vice-président d’agglomération (158 communes et près de 300 000 habitants) en charge du tourisme durable. L’agglomération, qui s’encastre dans sa nouvelle série d’itinéraires touristiques, a déjà lâché des guides et égaré le dernier des médiateurs. Leur mission : expliquer aux voyageurs comment mieux respecter les lieux les plus fréquentés et les guider vers les sommets et sentiers moins connus. Le nombre de sites accessibles sur réservation augmente également dans la région. C’est le cas de grottes de Saretroisième plus visité, qui « Privilégier la réservation » et c’est même devenu obligatoire, au plus tard à J-1, pendant l’auto.

Plus de confort pour les visiteurs et les destinations

Si le plus acceptable, s’il y a des visiteurs, il peut encore y avoir une cellule de réservation. Quelles destinations ne sont plus comme une mauvaise huile. “Je me dis, c’est une mauvaise chose pour une très bonne. Nous avons décidé de maintenir la réservation en place en 2020 en raison des taxes imposées. En revanche, malgré le passage sanitaire, la météo météorologique, mais surtout le nombre de personnes par téléphone en baisse, le nombre de visiteurs a augmenté »témoigne un porte-parole de Pic du Midi. Le sommet accessible depuis la Mongie a accueilli 61 331 visiteurs à l’air pur en juillet et août l’an dernier, soit près de 1% de plus qu’en 2020, une année déjà exceptionnelle (+13%). “La réservation permet de fluidifier le trafic de la téléphonie, car la grande majorité des visiteurs réservent désormais et arrivent à l’avance. Au passage, ce système permet d’éviter la file d’attente et de mieux répartir le flux sur la journée, ce qui améliore le confort des visiteurs », détaille le porte-parole. Le placement de la réservation pour le Pic du Midi, engagé dans un programme fixe de multiplication des activités pour autant de moments de visite (pendant les quatre saisons et même la nuit) a nécessité une réorganisation des équipes et des investissements, dont très peu de loisirs fournisseurs, en France et dans le monde, ont pour l’instant réalisé.

Qu’il s’agisse d’accéder à la Tour Eiffel ou auAquarium de la Rochelle planifiables en ligne, la grande majorité des structures proposant des sorties en kayak, à cheval ou même en parapente sont de petite taille et peuvent disposer d’un site internet de vente. “Les transports et les hôtels sont réservés depuis longtemps déjà, les activités sont la dernière chaîne de la chaîne”, rappelle Timothée de Roux, président d’Alentour. Cette plateforme de distribution et de réservation d’activités de loisirs a vu le jour en septembre, dans le cadre du plan de relance touristique, et a été lancé par la Banque des Territoires (Groupe Caisse des Dépôts) en partenariat avec Amadeus et Dawex. Alentour ne s’adresse pas au grand public, contrairement à Airbnb qui propose des activités gérées par des particuliers, mais avec des structures d’hébergement – 860 à ce jour et à des offices de tourisme. Ils peuvent également recommander plus facilement à leurs clients des activités de loisirs à proximité (plus de 4000 activités, pour l’instant majoritairement sur le Côte d’Azurfr Savoie et Haute Savoie).

Les centres équestres et autres écoles de surf devraient, eux, gagner en visibilité, en confort, voir en chiffres d’affaires. Indirectement, la plateforme devrait améliorer l’expérience du vacancier, qui n’est plus obligé de revenir sur place pour réserver, au risque de trouver la place dans l’eau ou d’être contraint de payer, d’avancer et, souvent, en espèce. « La France est la première destination touristique au monde et compte entre 120 000 et 150 000 prestataires. Soit, nous estimons à 5% seulement le volume d’affaires issu de la réservation digitale. Ce taux est comparable dans d’autres pays, à l’exception notable des États-Unis, mais ce marché est dominé par des structures importantes », comparer l’ex-patron d’Abritel HomeAway. Enfin, Alentour devrait également permettre de se désengorger des destinations répertoriées : si le musée Matisse à JoliPar exemple, il n’y a plus de billets disponibles, l’hôtelier peut alerter ses clients et recommander d’autres lieux. Quoi qu’il en soit, au moins certains d’entre eux sont des arbres – pas besoin de cacher la forêt avec Didier Arino : « Rappelle que 90 % du territoire en France c’est fréquemment 90 % du temps. » Il reste autant de lieux à découvrir.

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Publié en janvier 2022, cet article fait l’objet d’une mise à jour

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