“Elvis”, “Top Gun : Maverick”… : le cinéma populaire s’invite à Cannes


Comme un air de «Je t’aime… Moi non plus». Cannes et la pop culture, c’est un peu l’histoire d’un flirt pas toujours assumé. Une romance incohérente, une affaire de non-dits, mais aussi beaucoup de bons souvenirs. De la fantastique clôture de l’édition 1982 avec ET l’extraterrestre à l’ouverture remarqué avec Mad Max: Fury Road en 2015, en passant par la palme d’or déclarée à Pulp Fiction en 1994, le festival mettait à l’honneur des productions publiques ou des enjeux du genre, parfois même en compétition. Elle avait aussi son oublier, la liste serait trop longue. Néanmoins, le semblant semble être pour la réconciliation et le paysage cinématographique cannabique est rendu très hétéroclite. La 75e L’édition, symptomatique de ces relations consternantes, revendique un choix aussi figé qu’élégant des films grand public. Point Point a donc été sélectionné pour vos longs métrages à ne pas manquer sans aucun prétexte cette année. Choisissez vos plus beaux rayons de soleil : la Croisette vous attend !

« Coupez ! » Par Michel Hazanavicius – Hors compétition (film d’ouverture)

Après avoir été pris pour Martin Campbell (Oeil doré) avec OSS 117Michel Hazanavicius remet la couverture en se la jouant George A. Romero (Zombi) dans Coupez !. Vous l’aurez compris, l’acteur de théâtre français a décidé de voir la suite (mais pas que). Adapté du long métrage japonais Ne pas couper! de Shin’ichirō Ueda, le scénario s’articule autour du tournage d’un film mortuaire à petit budget, tourné vers l’échec, dans lequel seul son réalisateur semble se donner corps et âme. Avant que de vrais événements surnaturels n’arrivent coûte que coûte… Le très polyvalent Romain Duris (Eiffel)accompagné de la toujours impeccable Bérénice Bejo, veut donc Ash d’Evil Dead dans une comédie d’ouverture barrée qui ne manquera sans doute pas de faire sensation sur la Croisette. Le fou rire devra se faire sentir dès les premières instances du Festival de Cannes, puisque Coupez ! ouvrira le jour de sa sortie, le 17 mai 2022.

“Top Gun Maverick”, de Joseph Kosinski – Hors Compétition

Lequel n’a pas raté et n’est pas revenu, dans cette “Danger Zone”… Plus qu’un titre de Kenny Loggins, le groupe originel du premier Pistolet supérieur (1986) résonne comme un hymne à l’armée de fans nostalgiques du film culte au long cours de Tony Scott et de ses combattants décadents. Réalisé parJoseph Kosinski (Oblivion, Tron : L’Héritage), ce nouveau break du pilote sur le pilote Pete Mitchell, dit “Maverick” (Tom Cruise), d’une manière aussi spectaculaire qu’émouvante et qui risque de se coincer dans les chambres quand il s’agit de crises expiratoires que de discrètes larmes inattendues. Le projet peut également compter sur le bien-être du scénariste et producteur Christopher McQuarrie (Mission Impossible : Fallout), longue date compliquée de Tom Cruise. Après une tentative de fuite hors compétition à Cannes, le film sera diffusé sur nos écrans le 25 mai 2022. On vous donne la répétition : foncez.

“Elvis”, de Baz Luhrmann – Hors Compétition

Let’s rock’n’roll ! Retour derrière la caméra en grande pompe pour Baz Luhrmann, qui n’a plus été réalisé pour le grand écran depuis 2013 et les aventures extravagantes de Gatsby est magnifique. Le cinéaste australien n’a pas voulu jouer la facilité, et s’attaque actuellement à un monument de la musique : Elvis Presley. C’est donc au jeune Austin Butler que va s’incarner la lourde tâche d’incarner le “King”, dans une histoire centrée sur les rapports complexes que le chanteur a entretenus avec son manager, le colonel Tom Parker. Ce dernier lui sera quantifié par le monstre sacré Tom Hanks. L’opposition au style est une publicité radicale. Le film, très prometteur. Projeté hors compétition, il débarquera dans les salles françaises le 22 juin.

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“Trois mille ans pour assister”, de George Miller – Hors Compétition

Quand Tilda Swinton et Idris Elba ont partagé l’affiche d’un film réalisé par le grand George Miller (Mad Max, Pieds Heureux), ça ne peut être que bon, n’est-ce pas ? C’est dans tous les cas le pari qui prend Trois mille ans pour assister, sorte de délire fantastique-romantique racontant l’histoire d’Alithea (Tilda Swinton), une femme heureuse mais sceptique quant au monde qui l’entoure, dont la vie sera assombrie par la rencontre avec un génie. Atteignez les contes de fées et les destinations amusantes qui entourent généralement les belles villes pour être vraies, elle finit par la laisser l’essayer en lui demandant quelque chose d’original…. Un pitch sympathique pour une production qui aura les honneurs d’une avant-première de la Coupe du monde à Cannes, sans aucun doute ceux de la compétition. Il ne reste plus qu’à souhaiter que l’accueil critique soit favorable…

“Les Crimes du Futur” de David Cronenberg – En compétition

Déjà couronné par le prix du jury en 1996 pour Accident, David Cronenberg revient à Cannes en 2022 avec la ferme intention de chercher (qui sait ?) un peu mieux. Avant-première du 25 mai 2022 en France, Les crimes du futur on peut donc en premier lieu rechercher un auteur de renom, mais aussi un casting haut de gamme. Sur l’affiche, on retrouve Viggo Mortensen (Le Seigneur des Anneaux), Léa Seydoux (Mourir peut assister), ou encore Kristen Stewart (Personal Shopper, Spencer) dans une histoire attrayante curieusement. Il s’agira ici d’une société futuriste, où la faculté acquiert par l’homme de modifier son corps à son apparence l’objet de spectacles étrangers de métamorphoses organiques, le tout sur la base de l’investigation. Un scénario à Cronenberg, pour un film qui sortira également le 25 mai 2022. Il concourra dans le même temps pour la plus haute distinction entre le 17 et le 28 mai.

“Moonage Daydream”, par Brett Morgen – Séances minute

Premier documentaire officiellement homologué par les ayants droit de David Bowie, Rêverie lunaire tenter d’habiller le portrait de l’artiste aux visages millénaires par les innombrables images d’archives des non archivés. Brett Morgen, déjà familier des festivals grâce à Poignant Cobain : Montage de Heck, qui aurait valorisé une projection à Sundance et à Berlin, proposant ainsi une nouvelle excursion très personnelle dans la vie d’un artiste. Pour des extraits de performances que vous n’avez jamais vus auparavant, le réalisateur promet de vous montrer l’interprétation de Vie sur Mars ous Héros comme on n’en a jamais vu. Petite particularité : la narration accompagnant le projet sera assurée par Bowie lui-même ! Plus qu’un simple documentaire, son producteur Bill Gerber est un véritable “spectacle acoustique et visuel”. À compter de la date de sortie d’aujourd’hui, le film sera projeté lors de séances minute. Et nous, nous avons eu !

“Le Petit Nicolas – Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?” », Amandine Fredon et Benjamin Massoubre – Séances spéciales

Fini l’école pour le Petit Nicolas ! Dans ce nouveau film, le personnage de Sempé et Goscinny a peu à peu quitté les planches de ses créateurs pour investir leur atelier et s’adresser à eux. C’est ensuite un fascinant échange de rôles, dans lequel les auteurs confessent leur création sur des histoires de vie actuelles qui ont façonné l’identité de Nicolas et de ses pairs. Bien au-delà d’une simple adaptation de cet épanouissement de la culture populaire en France, Le Petit Nicolas – Qu’attendons-nous pour être heureux ? semble donc être avant tout plongeon émouvant dans la vie et l’esprit de Sempé et Goscinny. C’est cette grande originalité dans les choix artistiques qu’il voit se diffuser dans les séances spéciales, près de cinq mois avant son arrivée dans les salles obscures, le 12 octobre prochain. Et avec Alain Chabat et Laurent Lafitte au casting, faut-il vraiment en dire plus pour convaincre ?


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