En Croatie, plusieurs milliers de personnes manifestent contre l’avortement à Zagreb

Des manifestants de la

Plusieurs milliers de personnes ont participé à une marche contre l’avortement samedi 14 mai à Zagreb. Deux jours plus tôt, la Croatie avait annoncé une mobilisation de soutien à Mirela Cavajda, une femme qui a eu du mal à obtenir l’autorisation d’avorter, au vu de la maladie de son fœtus.

Sur les cartes postales portées par les manifestants lors de cette septième “Marche pour la vie” annuelle, on peut notamment lire “Les enfants qui ne savent pas, la minorité est la plus menacée en Croatie” ous “Les vivants ne comptent pas non plus”. De nombreux parents accompagnés de leurs enfants porteurs de ballons se sont joints à la marche, organisée par des associations conservatrices.

“Nous soutenons la vie, les valeurs morales, les valeurs données par Dieu”a raconté à l’Agence France-Presse une économiste, Maja Ivic, descendant dans la rue avec ses deux enfants. “Toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle, doit être protégée”, et à la retraite Sinisa Kubatovic, 52 ans. Pour lui, “L’avortement ne doit être autorisé que si le grossiste menace la vie de la femme”. “La vie est quelque chose de plus précieux, la vie doit être respectée, la vie est la loi”lancée par Foule Boris Ujevic, gynécologue dans un hôpital de Zagreb.

Forte influence de l’Église catholique

Des milliers de personnes ont défilé jeudi à Zagreb en faveur du droit des femmes à la santé. L’événement, organisé sous la devise “Assez”, s’est tenu à la fin de l’annonce du ministre de la Santé, Vili Beros, qui “La Commission a autorisé l’interruption de la vente en gros” de Mirela Cavajda.

Cette mère d’enfant était dans son sixième mois de grossesse lorsque les médecins ont diagnostiqué une tumeur au col de l’utérus de son fœtus en avril. Sa demande d’avortement a été rejetée par quatre hôpitaux de Zagreb, mais la pression publique a finalement convaincu la commission médicale de faire don mercredi de son feu vert pour l’intervention.

Croates lors de la manifestation du jeudi 12 mai, à Zagreb, en faveur du droit des femmes à la santé.

Le 12 mai, de nombreux manifestants portaient des banderoles roses sur lesquelles il était écrit “Utiliser le cléricalisme dans les cliniques gynécologiques”, “Essayez le refus de fournir un acte médical” ou encore “Essayer de mettre la santé des femmes en danger”. L’événement a été organisé à Zagreb et dans d’autres villes de Croatie pour montrer «Solidarité avec toutes les femmes (…) du droit à la santé, garanti par les lois croates, est bafoué quotidiennement »avaient privilégié les organisateurs.

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Loi réaffirmée en 2017 par la Cour constitutionnelle

En Croatie, des groupes conservateurs, soutenus par l’Église catholique, ont exhorté le gouvernement à limiter le droit à l’avortement, l’autorisant jusqu’à la dixième semaine de vente en gros. Passé ce délai, un avortement peut être pratiqué si la santé de la femme ou du fœtus est en grave danger, ou en cas de violence ou d’inceste.

Près de 90 % des 3,9 millions de Croates sont catholiques et l’Église reste très influente dans la société. Le droit à l’IVG est de plus en plus trompeur, car de nombreux médecins refusent de pratiquer des interruptions volontaires massives, y compris par objectif de conscience.

La Cour constitutionnelle de Croatie a rejeté en 2017 un appel de plusieurs groupes conservateurs réclamant l’interdiction de l’avortement. Elle a également jugé que la législation de 1978 était obsolète et a appelé à sa révision. Les groupes de défense des droits de l’homme affirment que ces changements n’entraînent pas davantage de restrictions.

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Le Monde avec AFP

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