en l’honneur de la qualification du Maroc pour la coupe du monde

Suite à cette annonce

Mardi 29 mars. Il est midi et les barrières policières se multiplient à l’entrée du stade Mohammed V de Casablanca qui s’apprête à accueillir le match le plus important de ces dernières années. Après le nul (1-1) face à la RDC en tout, le Maroc a sa destination principale et peut prétendre à un nouveau qualificatif pour la Coupe du monde. La tension est dans sa combinaison avec l’environnement d’un décor décoré aux couleurs du pays, en rouge et vert. Plus de sept heures avant le début de la rencontre, les supporters haussent le ton et commencent à faire la queue pour entrer dans le stade. “Je voulais vraiment retrouver ce stade, ça me manquait. Je suis impatient “ confie Karim qui attend depuis une vingtaine de minutes avec son drapé. Car avec le covid, les villes au Maroc sont creuses et la FRMF (Fédération Marocaine de Football) avait tout le droit de prendre la décision d’autoriser le public.

A 15 heures, la police décide enfin d’ouvrir les portails métalliques et les premiers supporters pénètrent dans le stade. Une étape chancelante sur les sièges et qui pousse vers l’avant : « premier arrivé, premier servi ». Pour être sûrs d’avoir une bonne place, certains n’hésitent pas à passer six à sept heures dans l’étape avant le coup et à s’occuper comme ils peuvent. Anas, un ami de la famille, avait, lui, décidé de jouer aux cartes sur les sièges bleus du stade tandis que d’autres tentaient de lancer les chansons pour ne pas être frustrés. Très vite, la scène pour commencer à raisonner et les avant-premières musicales s’envoient à la charge pour commencer à doser, mais sûrement pour délecter le monde entier.

Une étape très rapide

Mais pour se révéler au monde entier, il n’a fallu qu’attendre les joueurs de la République Démocratique du Congo. Arrivés sur le terrain pour la fameuse reconnaissance d’avant-match, les coéquipiers de Cédric Bakambu copient. Des bouteilles sont lancées en direction des joueurs pour montrer qu’ils ne sont pas les bienvenus dans ce stade. L’ambiance change de tous à toutes les quelques secondes plus tard, quand c’est au tour des joueurs marocains d’encrasser la pelouse et de s’autoriser un petit tour d’honneur pour saluer le monde entier.

Placer à côté du chauffage. Moment où l’attaquant de la Gantoise Tarik Tissoudali décide de faire preuve d’une précision chirurgicale lors des exercices avant le but et donc d’enflammer un peu plus un stade qui ne demande pas à voir le beau jeu. Mais une première information arrive aux oreilles du public, la composition marocaine. Véritable chouchou du peuple marocain, Sofiane Boufal est annoncé sur le banc. Une mauvaise nouvelle pour les amateurs de gestes techniques. Les supporters tentent alors de scanner son nom pendant plusieurs longues minutes et de s’exclamer à chacun de ses ballons lors d’une séance de jonglage dont il a le secret.

Vahid Halilhodzic coopté

Et s’il y avait le moindre doute sur sa popularité, il lui faudrait patienter quelques instants au moment de l’annonce des deux compositions. Sans surprise, l’attaque d’Angers a été d’autant plus applaudie que la star du peuple des autres s’appelait évidemment Achraf Hakimi. Côté RDC, un seul Bronca accompagne les joueurs dans l’annonce de leur propre nom pour celui qui a été honoré par tout le stade : Ben Malango. Le joueur de 28 ans s’en est pris aux supporters en poche pour la simple raison qu’il avait évolué dans un club du Raja Casablanca et donc joué devant un public qu’il connaissait particulièrement bien. Certes touché, l’ancien du TP Mazembe a profité des applaudissements de ces derniers qui, de leur côté, étaient occupés à accueillir les centaines de supporters congolais présents.

19h30 heure locale, le coup d’état est donné par les marocains et l’ambiance limpide d’une grue. Malgré une composition aussi prudente de la part de Vahid Halilhodzic – le sélectionneur marocain était par ailleurs conspiré par la scène à l’annonce de son nom – le spectacle est au rendez-vous et l’enfant de Casablanca Azzedine Ounahi ouvre la route d’une frappe sensationnelle qui gâcher n’importe quelle étape. Des artefacts sont même lancés après cet objectif. De quoi donner aux joueurs la possibilité de montrer encore plus de choses sur le terrain. Et c’est ce qui est arrivé. Asphyxiés, chahutés, perturbés, les Léopards encaissent trois autres buts dans cette rencontre. Seul Malango, chouchou du stade, a sauvé l’honneur d’un vol stratosphérique qui a surpris les fans, plutôt occupés à acheter quelques stands pour que les vendeurs ambulatoires tiennent jusqu’à la fin de la soirée.

Toute la fin de soirée

Dans son stade, devant un public fusionné, le Maroc fait bonne figure et valide son billet pour la Coupe du monde. La tentative peut être exaltée, les Lions de l’Atlas seront bien au Qatar en novembre pour la coupe du monde 2022. Dans le sillage du sifflet final, certains pleurent, d’autres s’attardent sans le savoir. Mais l’envie de partager des moments de joie ensemble est trop forte. Cette victoire a fait un bon fou dans la bonne réputation de personnes qui ont longtemps été privées de ce genre d’émotions. Plus avec Covid. Vahid Halilhodzic, de son côté, après s’être agenouillé, sans doute comblé par ce succès, a reçu un appel du roi du Maroc Mohammed VI. Les joueurs, au centre du terrain, scandent et dansent puis remercient à nouveau avec profit le public et toujours derrière eux.

A la sortie du stade, des vendeurs proposent déjà des tentures, des maillots, des casques et toutes sortes d’accessoires inimaginables. Quelques mètres plus longs, il y a de nombreux camions de police, fumant des cigarettes, des tiroirs et des tiroirs. “Cette victoire est un vrai salut. Ce peuple en avait besoin. Nous irons à la Coupe du monde dans un autre pays arabe », s’entousiasme Foued, supporter venue de Belgique pour l’événement. Les chants se multiplient et les voitures avancent de plus en plus sur la route. Certains en profitent alors pour se monter sur le toit ou même le capot. Des peines, des crises, de la joie et surtout une fête. Une fête qui s’est par ailleurs célébrée jusqu’au bout de la nuit lorsque les deux joueurs, qui célébraient la fête à leur hôtel, ont poursuivi les festivités dans un restaurant huppé de Casablanca, en bord de mer.



Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *