La Finlande annoncera sa candidature à Otan, un rendez-vous décisif en Suède

Samedi, Vladimir Poutine estimait que la fin de la neutralité militaire de la Finlande serait un «Erreur», lors d’un entretien téléphonique avec son homologue finlandais Sauli Niinistö.

La Finlande doit annoncer sa candidature en octobre de cette semaine, avant un meeting décisif du parti au pouvoir en Suède d’une probable candidature commune à l’adhésion de deux pays. «Nous espérons pouvoir envoyer nos candidatures cette semaine, en collaboration avec la Suède. Ils ont leur propre processus mais j’espère que nous prendrons les décisions maintenant“La Première ministre finlandaise, Sanna Marin, a annoncé samedi.

Moins de trois mois après le début de la guerre en Ukraine, les deux pays ambitionnent de tourner la page des non-alignements militaires âgés de plus de 75 ans en Finlande et jusqu’au XIXe siècle en Suède. Après avoir été touchés par leur neutralité dans les années 1990 avec la fin de la guerre froide, en tant que partenaires de l’Otan et membres de l’Union européenne, les deux pays nordiques sont devenus un peu plus comme les blocs occidentaux. Une base qui progresse progressivement depuis l’attaque russe contre l’Ukraine le 24 février, accélérée par un déferlement d’Otan dans l’opinion publique des deux pays. Avec une Finlande première à prendre l’initiative, et une Suède soucieuse de ne pas se retrouver comme le seul pays du pourtour de la mer Baltique à ne pas être membre de l’alliance.

Trois jours après annoncés publiquement souhaiteraient voir leur pays rejoindre l’Otan «sans délai», le président finlandais Sauli Niinistö et la première ministre Sanna Marin annonceront la décision d’Helsinki, à l’occasion d’une conférence de presse à 13h00 (10h00 GMT). En cas de réunion d’un conseil de gouvernement, ils doivent saisir le Parlement d’un projet d’adhésion, soumis lundi aux députés.

Samedi, le chef de l’Etat finlandais a téléphoné à son homologue russe Vladimir Poutine informer sur la candidature de son pays »dans tous les prochains jours“, Dans une conversation discrète comme”direct et sans détour». «Éviter les tensions a été considéré comme important», en lien avec Sauli Niinistö, l’un des dirigeants européens ayant le plus dialogué avec Vladimir Poutine ces dernières années. Selon le Kremlin, le président russe lui aurait dit de rejoindre l’Otan »serait une erreur, car il n’y a aucune menace pour la sécurité de la Finlande ».

«Pas d’autre choix»

Selon de récents sondages, la part des Finlandais désireux de rejoindre l’alliance a dépassé les trois quarts, soit le triple niveau d’avant la guerre en Ukraine. En Suède, elle soutient également les obligations, mais autour de 50% – pour environ 20% d’opinions défavorables.

Les dirigeants du Parti social-démocrate, emmenés par la Première ministre Magdalena Andersson, se réuniront dimanche après-midi pour décider si le parti doit abandonner sa ligne historique anti-adhésion, même réaffirmée lors d’un récent congrès en novembre. Des voix se sont élevées dans le parti pour annoncer une décision préméditée et une escalade du débat. Mais pour les analystes, il est peu probable que le parti décide de ne pas prendre part au train en marche, au moment où la Russie est entraînée dans sa guerre en Ukraine. «Il ne peut y avoir un tel sentiment d’urgence» La Finlande, reconnaît Robert Dalsjö, chercheur à l’Agence suédoise de recherche pour la défense. «Mais les dirigeants soudanais ont compris qu’ils n’avaient pas vraiment d’autre choix. Une fois que la Finlande est opérationnelle, il est temps de passer à autre chose», raconte à l’AFP.

Un obstacle improvisé s’est ajouté vendredi, rappelant que le chemin entre une candidature et une adhésion avait été long de plusieurs mois, avec la nécessité d’une ratification unanime par chacun des 30 membres. Alors que la Finlande et la Suède se sont assurées des signaux favorables d’Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a exprimé son hostilité à leur entrée. La Turquie leur reproche, et à Stockholm en particulier, de faire preuve d’une manœuvre d’envergure contre le Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, ainsi que d’être sur la liste des organisations terroristes de l’UE. Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, est disposé à discuter avec les deux pays, ainsi qu’avec les autres nations de l’Otan. Son homologue finlandais, Pekka Haavisto, lui dit «confident» Dans la possibilité de traiter avec la Turquie.

.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *