Le cœur du RC Narbonnais bat toujours

Menant 8-26 à 53 ans, le Racing a trouvé les ressources nécessaires pour arracher le nul lors de la pause d’hier soir face à Grenoble (32-32). Il est encore mathématiquement vivant.

Cette course a un cœur. Ce Narbone a du courage. Au plaisir de voir ce RCN. Trop tard, bien sûr, mais quand même : « Faire match nul à la 82e minute est un signe pour une équipe qui a des moyens »Commentaires de l’entraîneur des avants Briss Mach lors d’une conférence de presse.

13 points de retard sur Rowan, trois matchs à jouer et donc quinze points, il n’y a aucun espoir de garder Narbon cette saison. Pourtant, pour cette équipe le cœur bat toujours, même si ses dés sont jetés depuis l’arrêt des Beatles (17-46).

Menant 26-8 à la 53e minute, ces Narbonnais ont arraché les deux points du match nul lors d’un temps mort (32-32) hier face à Grenoble. C’est courageux. C’est aussi le deuxième match nul de la saison après celui enregistré par Bowen (13-13).

Dans un parc des sports qui sonne creux plus qu’à l’accoutumée, le premier quart d’heure est à mettre au crédit d’une course renouvelée et qui surfe sur le bon état d’esprit observé à Colomier (défaite 24-12). Cette ouverture de match est menée par un bruit face à une équipe de Grenoble qui joue la peur au ventre, avec un maintien qu’il faut chercher, mais qui n’a pas encore gagné, hier, avec ce match nul. Pour les hommes de Nicholas Nadau, l’échéance est tout simplement repoussée.

Conseil d’administration mardi soir

C’est vrai, on peut bien sûr reprocher beaucoup de choses à RCN cette saison, mais certainement pas le courage de ses joueurs qui jouent désormais plus détendus et sans stress. La course a le talent de ne pas lâcher et il le montre dès la deuxième minute avec un chef-d’œuvre de Boris Guttard dont l’accélération met la défense dans le vent (5-0, 2). Udo est plutôt un joueur agressif. Et tout comme Nervon n’a jamais de plan sans faute, une affaire se complique, à l’image de ce carton jaune idiot encaissé par Jordan Rochier qui a pris le bras à une corde à linge et mis son équipe en difficulté (22). Grenoble attrape du coup la main sur le ballon et avance, logiquement. Le deuxième carton jaune contre Boris Guttard (29) n’arrange rien et Grenoble marque trois tentatives en sept minutes (27, 30, 34). Trois tentatives qui ont un coup commun : la star italienne Angie Capuzzo qui a à chaque fois allumé la mèche et le feu qui l’accompagne. A la mi-temps, les Narbonnais dont la double infériorité numérique a touché, très largement, officiellement relégués en National, menaient 8-19 tandis que Rowan s’imposait 19-7 face à la Provence.

A 8-26 pour Grenoble à 51, on se dit que les carottes sont définitivement cuites. Mais non, cette course n’abandonne pas, n’abandonne pas. Et on peut l’écrire sans trembler : peut-être que cette équipe avait un autre visage devant Bézier. Mais nous ne réécrirons pas l’histoire…

Nuano (15-26, 57), Maraco (22-26, 62) puis ce diable de Chapot à l’arrêt (32-32, 80+3), et voilà que le Racing respire encore et encore ce matin. Quoi qu’il en soit, agréable à regarder. Pour terminer. Si son avenir s’écrit encore en pointillés, si les questions sont très nombreuses pour la saison prochaine, c’est désormais un autre match qui doit débuter en coulisses, avec un conseil d’administration mardi soir, à 18h30.

Ces joueurs, en tout cas, ont montré la voie : avec eux le Racing ne lâchera rien la saison prochaine.

RC Narbonnais32

FC GRENOBLE RUGBY32

A Nervon (parc des sports et de l’amitié). 2 000 téléspectateurs. Mi-temps : 8-19.

juge: Benjamin Hernandez (Auvergne).

Pour la RCN : 4 tentatives Guttard (2), Nuano (56), Maraco (61), Chapot (80+2), 3 transformations Pialot (57, 62), Meret (80+3), 2 penaltys Pialot (17), Meret (75 )).

Pour Grenoble : 4 tentatives de. DuPont (27), Camillari (30), Kadiri (34), Segort (51), 3 transformations de Barthelemy (31, 35, 53), 2 penaltys de Barthelemy (68, 77).

Cartons jaunes : Au RCN, Rochier (22), Goutard (29) ; A Grenoble, Martel (54).

MRC : Guttard – PH. Ducom, Nueno, Maraku, E. Ducom (Mias, 52) – (o) Pialot (Meret, 65), (m) Chaput (Nova, 40-77) – Belzons, Axtens, Madaule (cap.) (Caffo, 57 )) – Sese (Fortune, 52-68), Fortune (Nouhaillaguet, 42) – Cotet (Loudet, 52), Rochier (Blank, 54), Martins (Moise, 57).

Grenoblois : Capuozzo – L. Dupont (Farnoux, 58), Séguret, B. Ezcurra, Qadiri – (o) Fortunel (Barthélémy, 27-37 puis 40), (h) F. Ezcurra (Escande, 50) – Blanc-Mappaz (cap )., Martel (Fat, 64), Fat (Breuer, 54) – Douglas (Laino, 72), Laino (Madira, 50) – Kaikachvili (Taupa, 45), Camille (Stripoli, 64), Jabania ( Gothier, 50 )).

Évolution du score : 5-0, 8-0, 8-5, 8-12, 8-19, 8-26, 15-26, 22-26, 22-29, 25-29, 25-32, 32-32.

“Ce match reflète la saison”

Valentin, à 8-26 ans, on pensait que tu allais abandonner…

Nous avons eu une saison très compliquée, avec des hauts et des bas. Mais nous avons toujours montré que nous avions les ressources. Notre première victoire de la saison, on va la chercher à Aix-en-Provence où on a été mené très vite (12-0 en 17). Ce match contre Grenoble reflète un peu notre saison au niveau de notre état mental.

Que vous disiez-vous à l’âge de 8-26 ans ?

Même si on dit qu’on a des ressources, bien sûr c’était compliqué. On s’est posé des questions, mais on s’est dit que de toute façon, on n’a pas le droit de lâcher prise et qu’on n’a rien à perdre à rester là vis-à-vis. Donc, même si nous comparons finalement, si nous nous asseyons et regardons la vidéo, il y a beaucoup de choses à arranger. Nous avons quatre punitions que nous ne mettons pas en arrière-plan. Mais, voilà, on s’est dit qu’on allait chercher ce match avec audace.

Quand tu vois un match comme ça, est-ce que ça te fait regretter toute la saison ?

Oui, parce qu’on se dit qu’on n’a peut-être pas rattrapé le temps. Je pense que si la saison se termine très mal pour nous, on peut se dire qu’avec des matchs comme ça, quand tout le monde pense qu’on est mort, on peut repartir en National la tête haute. Pour moi, c’est la chose la plus importante aujourd’hui. Gardons notre fierté.

Ancienne armada orange

Comme annoncé, l’Iranga Armada Supporters Association n’était pas en tribune hier soir avant la réception de Grenoble. Les côtés semblaient très vides et l’atmosphère était très terne.

Course en chemise noire

Pour la première fois cette saison, le RC Narbonnais a tout joué en noir à domicile, enlevant à ses couleurs « orange et blanc » que les fans appellent.

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