Le Maghreb du livre à Paris, la littérature comme antidote aux répliques

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L'affiche de l'événement.

C’est un rituel précieux pour les fidèles. Il était une fois le Paris City Hotel transformé en « capitale » du livre maghrébin en France. Le rendez-vous sans équivalent en Europe sera relancé cette année d’une importance particulière au moment où les urnes françaises témoignent d’une tentative croissante de réplication.

Du 13 au 15 mai, le 28e édition du Maghreb du livre – élargissement depuis 2018 au Maghreb-Orient du livre – permettra de renouer avec une tradition bien ancrée de débats, cafés littéraires, rencontres avec des auteurs, projections de films et performances musicales que la crise du Covid-19 avait durmen malmenée. Sans chichi la flandre dans les espaces d’une immense bibliothèque installée sous les hauts plafonds de la salle des banquets où – occasion rare – les maisons d’édition méditerranéennes peuvent exposer leurs titres.

Le temps d’un grand week-end, c’est le Maghreb et le Machrek qui se rencontrent ainsi au cœur de Paris à travers les mots, les idées, les images et les mélodies, dans des milliers de lieux de réduction simpliste de trop de véhicules à leur sujet.

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Partenaire événementiel, Le Monde Afrique et accompagner ce nouveau départ en animant trois tables rondes. Ouverte par une conférence inaugurale de la romancière Alice Zeniter, la rencontre de trois jours débattra des échanges autour d’un riche éventail de sujets : l’héritage de la guerre d’Algérie, le Maghreb Sahara, le conflit israélo-palestinien, la documentation de la guerre en La Syrie, le dialogue méditerranéen par le livre, la difficile intégration par l’école en France, le djihadisme dans la littérature, les apports du printemps arabe… Les hommages posthumes seront également rendus au fondateur de Nouvel observateur, Jean Daniel, le chanteur Idir et la bibliothécaire et éditrice Marie-Louise Belarbi.

Une aventure de plus d’un quart de siècle

Ce Maghreb-Orient du livre est le fruit d’une aventure de plus d’un quart de siècle qui doit beaucoup à Georges Morin et à son association Coup de soleil. Pied-noir de Constantine devenu militant de la franco-algérienne, cet ancien collaborateur du socialiste Louis Mermaz – ex-ministre (1990-1993) et président de l’Assemblée nationale (1981-1986) – avait monté en 1985 Coup de soleil avec amis, d’une manière ou d’une autre, au Maghreb dans le cadre de l’assesseur du Front national et des tensions croissantes autour des questions d’intégration. “L’idée était de mieux connaître le Maghreb en France afin de dissiper la puissance du Maghreb et des Français du Maghreb” “, Il explique.

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Dans cet esprit, le romancier algérien Rachid Mimouni et l’éditrice franco-marocaine Marie-Louise Belarbi lancent avec conviction un festival littéraire lancé en 1994 avec le concours du Centre national du livre (CNL).

A bord de l’hébergement dans les laiteries de quartier, l’événement prend une autre dimension en 2001 lorsque Bertrand Delanoë, maire de Paris fraîchement élu, propose d’héberger le même depuis le City Hotel. Cette première édition des livres new look ‘Maghreb’ voit le rayonnement du public doubler, passant de 3.000 à 6.300 visiteurs. Elle est, déjà, sous le signe de la “Lutter contre l’obscurantisme” six semaines après l’incendie du 11 septembre.

Réhabilitation des donneurs

Depuis, cette aggravation du livre maghrébin s’est installée dans l’agenda culturel de la capitale, tandis que les accaparements de l’actualité (“Printemps arabe” de 2011, vague assassinat de 2015, Hirak algérien…) renouvelaient les sujets de discussion. Certains beau avaient regretté un certain “Parisianisme”voir un « Tropisme algérien » prononcé, le public ne dément pas (7 500 visiteurs en 2020).

En 2018, l’Institut de recherche et d’études du Moyen-Orient (Iremmo) a accepté de prendre l’initiative d’ouvrir les horizons levantins, y compris le changement des livres du Maghreb-Orient.

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Paradoxalement, la consolidation du rendez-vous s’accompagne de tensions budgétaires croissantes, les subventions de l’Etat à l’association Coup de soleil pour la coupure événementielle entre mi-2015 et 2021.

Alors que la politique mémorielle d’Emmannuel Macron annonce l’ambition d’intensifier les échanges culturels entre les deux fleuves de la Méditerranée, une réhabilitation des riches donateurs par l’Elysée a permis début 2022 d’établir le contrat pour les trois prochaines années. Un coup de pousse pour retarder la crise de croissance d’une réalité associative un peu folle.

Cet article a été publié dans le cadre d’un partenariat avec le Maghreb du livre. Découvrez le programme : https://coupdesoleil.net/maghreb-orient-des-livres-programme-2022/

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