Le rapport de la Banque mondiale est un “complot”, selon l’Agence nationale de presse

L’Agence de presse officielle algérienne (APS) s’en étrangler ! A ses yeux, la Banque mondiale « sort de son cadre d’institution financière internationale pour se transformer en outil de manipulation et de propagande ». L’objet de cette lettre est le dernier rapport de l’institution qui, selon l’APS, prédit “un système économique” à l’Algérie, compte de “vulnérabilité” de ses exportations.

Le fait qu’évoquer la pauvreté en Algérie soit aussi très mal accueilli par l’APS qui accuse la Banque mondiale de passer sous silence “La situation de précarité alarmante est dangereuse et suicidaire dans un pays voisin à l’ouest de l’Algérie”. Bien comprendre le Maroc ! “Manifestation, il y a un complot visant à saper la stabilité du pays”n’hésite pas à affirmer l’Agence.

(Traduction : “Le rapport erroné de la Banque mondiale qui tente de déstabiliser l’Algérie”)

“Le choix de la terminologie n’était peut-être pas approprié, mais dans l’ensemble, le rapport n’a pas dressé un tableau noir de la situation économique du pays et n’a pas été entièrement négatif”explique le site TSA algérien, qui essaie aussi de comprendre cette réaction. Nous faisons donc comme nos frères et sœurs rapport !

“En l’absence d’une mise en œuvre rapide du programme de réforme (plan d’action gouvernemental présenté en septembre 2021, NDLR), la reprise sera fragile et les équilibres budgétaires et extérieurs seront retardés à moyen terme », est antérieur à l’organisme. Et c’est aussi un encouragement à poursuivre dans cette voie de réformes que la Banque mondiale adresse à l’Algérie, notamment dans sa volonté de substituer “un système universel de subventions publiques coûteuses à un système ciblé favorisant l’équité sociale.”

Le terme “séisme économique” n’apparaît pas dans le rapport qui rappelle ce que le monde entier reconnaît, et inclut dans le gouvernement. Les hydrocarbures occupent une place trop importante dans l’économie nationale. “La dépendance à l’égard de la dépendance de l’Algérie aux revenus des revenus des hydrocarbures, l’apparition de nouvelles variantes du Covid-19 et le rythme des efforts de réforme annoncés restent les principales sources de risques pour les perspectives économiques.”

Site de liquéfaction de gaz naturel de la société Calgaz à Ouargla.  Les hydrocarbures occupent toujours une place prééminente dans l'économie générale selon la Banque mondiale.  (BILLAL BENSALEM / NURPHOTO)

“Compte tenu de la forte hausse de l’inflation alimentaire, le pouvoir d’achat de la frange la plus vulnérable de la population a été affecté de manière disproportionnée en 2021, compte tenu du poids majeur des produits alimentaires dans son échelle de consommation.” Reste que la Banque mondiale ne rappelle pas le contexte délicat notamment pour récolter les récoltes.

“L’indicateur de pauvreté multidimensionnelle s’est amélioré en Algérie entre 2013 et 2019, traduisant le progrès dans toutes ses dimensions : éducation, santé et conditions de vie.” Mais le rapport pointe des inégalités entre villes et campagnes et entre le nord et le reste du pays. Pourtant, le bilan dressé par la Banque mondiale n’est pas aussi noir que ce que prétend l’APS.

Pour l’heure, selon les médias algériens, aucune réponse officielle n’a été rendue publique. Aussi la question est posée. Pourquoi un tintamarre de la part de l’agence de presse nationale ? “Les autorités générales, représentées par le ministère des Finances, ont pris connaissance de la teneur du rapport avant sa publication et du mécontentement exprimé après qu’il soit devenu incompréhensible”s’étonne en conclusion TSA. “Une sortie hystérique”selon les termes de site marocain le 360qui n’inclut pas un avantage à Rabat dans la mesure où “ce rapport ne confirme pas les réalités économiques que les autorités générales elles-mêmes connaissent”.

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