Les cours d’eau souterrains sont-ils un moyen d’améliorer la sécurité alimentaire en Afrique ?

Pour Yvan Altchenko, enseignant chercheur sur le campus de Montpellier d’AgroParisTech, la problématique de la sécurité alimentaire sur le continent africain est un problème d’infrastructure, mais c’est aussi un problème en Afrique sub-saharienne.

En Afrique, les eaux de surface et l’irrigation souterraine ne sont pas vraiment développées. A l’heure actuelle, seuls 6% des terres cultivées sont irriguées alors que l’Asie est déjà à 40%, explique Yvan Altchenko. 50 ans de grands efforts ont été faits sur le continent africain mais c’est encore l’un de ceux qui existent dans d’autres régions du monde. Dans les pays sous-développés, les investisseurs ont besoin de déployer des infrastructures, ou, ils s’intéressent au continent africain pour plusieurs raisons.

A bord les performances des systèmes d’irrigation publics étaient faibles, dans les années 80, le prix des céréales a chuté, ce qui a rendu la production africaine très compétitive par rapport aux concurrents, notamment par rapport aux productions subventionnées dont bénéficient certains pays. A cela s’ajoute l’instabilité politique, sociale et environnementale mais aussi la mauvaise gestion des projets existants.

Yvan Altchenko estime qu’il faut limiter la production agricole pour limiter cette insécurité alimentaire. Or l’irrigation avec les eaux souterraines est, selon lui, un bon moyen d’optimiser l’agriculture du continent.

“L’eau souterraine présente plusieurs avantages. C’est une ressource sûre et fiable.”

Yvan Alttchenko

à franceinfo

Toutes les observations montrent qu’il existe de grandes réserves d’eau souterraine en Afrique, même si elles sont plus ou moins accessibles. L’ingénieur explique aussi que l’irrigation avec l’eau souterraine permet d’augmenter les rendements car le système favorise le développement de nouvelles pratiques agricoles avec l’apport de notamment.
“Le mode d’utilisation des eaux souterraines est cependant beaucoup plus souple car indépendant de la sécurité” poursuite d’Yvan Altchenko qui explique qu’il y a toujours un effet “tampon” avec l’eau souterraine.

Quand on est en pleine période de sécurité il y a encore de l’eau pour de grandes profondeurs, c’est donc une ressource intéressante pour l’irrigation. Le spécialiste est parfaitement conscient qu’il est nécessaire de faire un usage conjoint des eaux souterraines, des eaux de surface et de la réhabilitation des eaux usées.

On peut en trouver dans les montagnes de l'Anti-Atlas et du Maroc en Afrique du Nord.  (Illustration) (PAR TATSIANA VOLSKAYA / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Actuellement, on estime qu’il y a 20 millions d’hectares en Afrique qui pourraient être irrigués par les eaux souterraines. Sur ces 20 millions d’hectares, il existe des zones ou l’irrigation par les eaux souterraines est déjà à son maximum, il est donc inexplicable que la ressource puisse s’épuiser. C’est le cas de toute la partie du Maghreb et de l’Afrique du Sud. En représailles, sur les zones où il est possible de se développer, on estime qu’il pourrait augmenter la production de 75 %.

Toute la question est de savoir jusqu’à quel point on peut exploiter ces eaux sans avoir accès à la ressource. Selon Yvan Altchenko, on connaît les eaux souterraines.

“Le stockage exact n’est pas connu, ni les mécanismes qui permettent de charger cette ressource, ainsi que toutes les interactions qu’elle a.”

L’eau souterraine trouvée au soleil est une source importante pour les rivières et les zones humides, c’est pourquoi il est nécessaire de bien contrôler son fonctionnement et d’évaluer de manière précise la quantité d’eau utilisable sans fragiliser la ressource. Selon le chercheur, il faut privilégier les sources d’eau renouvelables qui reçoivent régulièrement les rejets d’eau.“La charge est la quantité d’eau qui s’infiltre dans le soleil pour atteindre les zones aquifères”, dit-il. Il est donc nécessaire que ce débit d’eau soit suffisamment important pour maintenir les niveaux d’eau dans les aquifères hors de portée de l’eau.

Yvan Altchenko insiste sur le fait que les ressources en eau sont utilisées pour alimenter les fleuves et les zones humides, mais aussi l’agriculture, le développement, sans oublier l’industrie et l’usage domestique.L’utilisation pour les usages agricoles est une petite partie des besoins mais elle a des conséquences importantes pour la sécurité alimentaire. qui est l’une des priorités sur le continent africain.

« Une meilleure gestion de l’irrigation augmentera de 75 % la production agricole de l’Afrique.

Yvan Alttchenko

à franceinfo

Selon Yvan Altchenko, il existe plusieurs façons d’améliorer la sécurité alimentaire dans les pays en développement. On peut importer de la nourriture ou favoriser l’accès aux dénominations avec des subventions, mais on peut aussi augmenter la production agricole.

Les eaux souterraines sont donc, selon lui, un moyen d’augmenter cette production agricole avec une meilleure gestion de l’irrigation. Une augmentation de la production de plus de 75% pourrait donc être un levier efficace pour améliorer la sécurité alimentaire des pays en souffrance.

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