pourquoi certains Français envisagent de porter leur masque dans les transports en commun

Trois usagers des transports en commun ont évoqué pour BFMTV.com les raisons de ceux qui continuent de porter le masque, malgré la levée de la caution lundi prochain.

“Je ne comprends pas ce qui motive cette décision”, confie sur BFMTV.com Nadia, une Parisienne de 37 ans, qui portera son masque ce lundi dans les transports en commun, malgré l’obligation de payer.

“Il y a encore chaque jour de nouvelles contaminations, de personnes hospitalisées. Je pense que ça ne se fait pas comme l’an dernier : un assouplissement des gestes barrières avant l’année, avant qu’une nouvelle vague ne revienne.”

“Je ne veux pas être un vecteur de la pandémie”

Olivier Véran, le ministre de la Santé, a annoncé mercredi au point de vue du conseil des ministres que le port du masque ne sera plus obligatoire dans les transports à partir du 16 mai.

Si le nombre de nouveaux cas confirmés positifs est en baisse, il en reste tout de même un peu plus de 35 000 par jour, selon le suivi officiel de la situation sanitaire. Quant aux personnes hospitalisées, si leur nombre diminue également, nous comptons tout de même plus de 900 nouvelles admissions quotidiennes à l’hôpital.

Nadia, institutrice dans la classe supérieure, redoute surtout pour propager l’épidémie. Elle prend le métro tous les jours pour se rendre sur son lieu de travail, avec une quinzaine de minutes de trajet. Il a toujours son masque dans la salle de classe lorsque les fenêtres ne sont pas ouvertes.

“Je suis vacciné, je ne m’interroge pas, même si je n’ai aucune envie d’être malade, de perdre le goût et l’odeur et de confiner. Mais je ne veux pas être un vecteur de la pandémie. Je passe d’un classe à l’autre, j’ai une responsabilité vis-à-vis de mes élèves. Je ne suis pas allé chercher le Covid.”

“Ce n’est pas très responsable”

Nadia n’est pas la seule à se montrer réticente à l’idée de renoncer au portillon du masque dans les transports en commun. Certains infirmiers et épidémiologistes sont partagés et estiment que “dans certains cas, le port du masque reste adapté”. C’est ce qu’a expliqué à BFMTV Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier :

“Porter à un arrêt de bus désert n’a pas la même utilité que dans une voiture de supporters sportifs ou dans un cadre de métro dans lequel on dit qu’il reste un moment.”

Evelyne, 74 ans, n’envisage plus de retirer le masque. Si cette retraite de l’éducation qui se déroule en Seine-et-Marne n’emprunte pas les transports en commun au quotidien, elle prend régulièrement sa revanche sur le train pour se rendre à Paris – une heure de trajet – notamment pour prendre rendez-vous en médecine et visiter l’un des ses filles.

“C’est même le plus précipité et pas très responsable”, a-t-il déclaré à BFMTV.com. “Il ne faut pas oublier qu’il y a encore des décès dus au Covid” (en moyenne 90 par jour, selon les données officielles, NDLR).

Evelyne évoque aussi son propre cas, celui d’une personne à risque qui pourrait être contaminée – elle n’a jamais été au Covid mais a été vaccinée – par des usagers des transports en commun ne portant plus le masque. Dans l’annonce de février dernier de la fin de la caution du port du masque intérieur pour la mi-mars, ce septuagénaire avait déjà avoué ses interrogations. Et s’est assuré qu’elle continuait à porter le masque à l’intérieur.

« Ça fait deux ans qu’on est plongés dans cette pandémie, je ne vois pas qu’il y ait le problème de continuer à porter le masque dans les transports, on est des habitués et ça peut sauver des vies, insiste-t-il. » Ce serait même aberrant de ne pas porter le masque lorsqu’il est confronté à des hommes dans le métro au bout de dix, cinq, vingt minutes ou même plus.”

En revanche, les circonspects sont nombreux quant à la fin du masque dans les transports en commun, revanche qui est dans la suite logique des choses. Comme Lisa, correspondante de presse de 41 ans. Cette Parisienne, équipée des transports en commun, n’a plus la porte quand elle trie plusieurs soirs par semaine. La jeune femme est une habituée des clubs de salsa.

“Je ne suis pas la plus rencontrée pour danser alors qu’on est dans des lieux clos, très proches des autres, on est dans les soutiens-gorge et on change de partenaire à chaque chanson, témoigne-t-elle pour BFMTV.com. Cependant, je pense que je vais continuer à monter dans le métro. Par habitude.

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