qu’il y a des “camps” où la Russie est accusée de déplacer des Ukrainiens

C’est un mot qu’on croit lié aux livres d’histoire : “déportation”. Mai, lundi 9 mai, Kiev déclaré (prêt en ukraine) que “plus 1,19 million de [ses] Des citoyens, dont plus de 200 000 enfants, ont été déportés vers la Fédération de Russie ” depuis le début de la guerre en Ukraine. Le même jour, le Pentagone affirmait avoir “signes” que “Les Ukrainiens sont envoyés contre leur cupidité en Russie”, sans donner de chiffres précis.

Ces accusations ne sont pas nouvelles. Quelques mois après le début de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, le Ministère des affaires étrangères de l’Ukraine* accusait déjà Moscou de “déport de force” de milliers d’habitants de Marioupol à emmener en Russie. Ce pays dit avoir accueilli 1,1 million d’Ukrainiens*, mais le porte-parole du Kremlin nuance les accusations de déplacements forcés de “mensonge” à partir du mois de mars*. Cependant, les témoignages, ainsi que les enquêtes, mettent également en lumière un ensemble de “camps” dans lesquels les Ukrainiens sont souvent emmenés, souvent sans avoir le choix, parfois dans les zones les plus recluses de Russie.

A quoi correspondent ces “camps” ?

Hôtels, camps de vacances, sanatoriums, et même un dépôt de produits chimiques… Les médias britanniques je* affirme a localisé plus de 60 sites concernés pour l’hébergement des voyageurs ukrainiens, en utilisant des images satellites et des articles de médias locaux. Ces places “sont gérés par le ministère russe des Situations d’urgence “explique Belkis Wille, chercheur senior à la division Crises et Conflits de l’ONG Human Rights Watch, qui a interrogé des Ukrainiens de passage dans ces camps.

La Russie qualifie ces lieux “lieux d’hébergement temporaires” (TAP en anglais). Ils ne sont pas spécifiques à la guerre : ce sont des lieux qui peuvent être convertis pour servir “pour l’accueil, l’hébergement temporaire, l’inscription et le maintien en vie prioritaire de la population retirée de la zone d’urgence”, selon le ministère (en russe) – les situations d’urgence allant des guerres aux catastrophes naturelles. Mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky comprend que ces structures servent aussi à commettre des exécutions : “Tà l’extérieur, les peuples alliés de ces territoires contrôlés par les Russes ont disparu. On les trouve dans des camps spéciaux sur le territoire russe. Certains d’entre eux ont disparu, simplement “at-il affirmé le 20 avril sur BFM TV.

Le TAP est éclairé par je il y en a quelques-uns partout dans le pays : certains près de la frontière avec l’Ukraine, d’autres entre Leonidovka (à 530 km de la frontière) et Tioumen (à plus de 1 800 km), et certains dans les régions reconquises comme la Sibérie ou le cercle arctique. Le nombre total de ces camps n’est pas connucomme le nombre d’Ukrainiens qui le sont, mais un “source proche du pouvoir”, cité par l’agence publique russe Tass* le 11 mai, affirme que 34 000 personnes sont hébergées dans 523 “refuges temporaires”. Et dès le 12 Mars, un décret (en russe) publié par Moscou annoncé dans chaque région russe pour se préparer à recevoir un nombre précis de personnes déplacées.

Comment les Ukrainiens et ils sont entraînés ?

Pour quitter les territoires occupés par la Russie ou évacuer Marioupol, les Ukrainiens n’ont généralement pas le choix : ils passent à côté des « camps de filtration » gérés par les forces séparatistes du Donbass. Il ne faut pas confondre ces structures avec celles affectées par le territoire russe : “Ceux qui sont passés par le filtrage expliquent que c’est une sorte de contrôle de sécurité, pour filtrer ceux qui sont anti-russes ou trop pro-Ukraine”, explique Belkis Wille. Ces camps, déjà installés après la Seconde Guerre mondiale et pendant les guerres en Tchétchénie, resurgissent actuellement dans les territoires séparatistes, comme Bezimeniy ou Mangouch.

Certains Ukrainiens tiennent à expliquer qu’ils avaient loué une chambre d’hôtel au moment du procès, mais d’autres, logés dans des tentes ou des immeubles gérés par les forces séparatistes, ont été privés de conditions déplorables. : malnutrition, épidémies de dysenterie, etc. la BBC*… Ils arrivent à se venger tous par les mêmes étapes : appels téléphoniques sans fond au complet, pertinence des emplois, et surtout interrogatoires de plusieurs heures et examens d’entreprise, à des lignes séparées avec le Bataillon Azov ou le gouvernement ukrainien. “Ils recrutent votre corps pour voir si vous êtes des traces qui prouvent que vous vous battez ou manœuvrez les bras”raconte l’Ukraine à franceinfo.

“Ce ne sont pas forcément des agressions physiques, mais des atteintes psychologiques (…). Tout cela pour permettre à une journée de ne s’appuyer que sur les centenaires qui y assistent.”

Dmitry, résident de Marioupol réfugié à Zaporijia

à franceinfo

Certains témoignages évoquent parfois des violations, voire des disparitions pures et simples. “Une femme est passée à côté de son frère dans un camp de filtration, mais elle était seule. Quand elle a demandé au gardien où était son frère, il a répondu : ‘J’ai arrêté de compter les gens que j’ai.'”raconte Svetlana Gannouchkina, fondatrice du comité russe d’aide aux réfugiés Civic Assistance Committee. “Cela pourrait être une blague, mais pour cette femme, ce n’en était pas une. Elle n’est pas toujours là où il est.”

Une fois le processus de filtrage terminé, les Ukrainiens, selon les témoignages, sont confrontés à un “choix”. “On leur a dit: ‘Soit vous restez dans un sous-sol de Marioupol sans eau, sans électricité, sans, sans soins et vous mourrez… Soit vous allez en Russie'”, a confié à franceinfo Oleksandra, avocate spécialisée dans les droits de l’homme. Beaucoup choisissent donc la Russie, puisque Moscou propose souvent des bus gratuits, mais “Certains Ukrainiens disent ne pas savoir où laisser le bus dans lequel ils sont montés”, raconte Belkis Wille. La frontière passée, ceux qui avaient des amis ou de la famille en Russie pouvaient être hébergés chez eux. Mais pour d’autres, le TAP est la seule alternative.

Ces déplacements sont-ils des crimes de guerre ?

Tout dépend si elles sont réalisées sous la contrainte ou non. Article 49 de la Convention de Genève de 1949 prévoit une situation d’invasion, “Les transferts forcés (…) hors du territoire occupé dans le territoire de la puissance occupante ou dans ceux de tout autre Etat (…) sont interdits, quel qu’en soit le motif”.

Mais d’ailleurs, il n’est pas nécessaire de menacer quiconque avec un bras cassé. Un rapport* de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) juge que les déplacements peuvent être considérés comme forcés “parce que la Russie a créé un environnement coopératif dans lequel ces civils n’ont pas d’autre choix”. Une situation qui semble correspondre à celle dictée par Oleksandra et Human Rights Watch, puisque retourner en Ukraine signifie à nouveau risquer sa vie.

Comment sont traités les Ukrainiens une fois dans ces « camps » ?

C’est le plus difficile à savoir. Témoignages recueillis par le Poste de Washington* prétend que les interrogateurs poursuivent l’affaire, mais les Ukrainiens interrogés par Belkis Wille n’ont commis aucune violation.

“Les conditions sont très différentes d’un camp à l’autre, ce n’est pas un système unifié”

Svetlana Gannouchkina, fondatrice de l’ONG russe Civic Assistance Committee

à franceinfo

Svetlana Gannouchkina ajoute cependant que dans le TAP, “Les soins médicaux des réfugiés sont généralement mauvais, tout comme la nutrition. Nous ne fournissons pas de vêtements et ils ne transportent pas d’argent”.

Certains ont proposé – et non imposé – un travail aux autorités, selon les rapports faits à Human Rights Watch et au monde (article souscrit). Mais ce serait rare, selon Svetlana Gannouchkina, car “Beaucoup de ces TAP sont situés dans des zones que les Russes reconnaissent juste parce qu’il n’y a pas de travail”. Le ministère ukrainien de la Défense affirme que “ceux qui acceptent reçoivent des documents leur interdiction de quitter les régions russes pendant deux ans”.

La plupart du temps, les réfugiés peuvent se venger de ces TAP. “Les autorités ne contrôlent pas leurs déplacements”déclare Belkis Wille, ajoutant que “Quelqu’un a pris un taxi et a quitté la Russie en passant par l’Estonie”.

“Les TAP installées dans les camps de vacances ont aussi demandé aux réfugiés de partir, de laisser la place aux vacanciers. Mais où aller ?”

Svetlana Gannouchkina, fondatrice de l’ONG russe Civic Assistance Committee

à franceinfo

Pour ceux qui ont été envoyés dans les régions récupérées, il est très difficile de regagner la frontière, surtout sans ressources et sans papiers, parfois confisqués par l’administration du camp. “C’est illégal”explique Svetlana Gannouchkina : “Si les réfugiés veulent se rétablir, il faut qu’ils soient et ils sont autorisés. Mais certains employés de la TAP pensent qu’ils doivent encadrer les réfugiés, et donc les députés pour partir.”

Les informations sur ces TAP ne sont toutefois pas encore exhaustives. Combien d’Ukrainiens ont disparu, et quelle est leur arrivée ? Les signalements d’autres civils, capturés puis torturés et détournés de force en Biélorussie, pourraient faire tomber les indices. Pourquoi la Russie transporte-t-elle des Ukrainiens vers d’autres parties du continent ? En mars, Le ministère ukrainien des Affaires étrangères accuse Moscou d’avoir violé “utilisez-les comme des otages”*. Au fur et à mesure que la guerre progresse, le voile peut être livré petit à petit.

* Les astérisques suivants sont en anglais.

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