Tollé international après l’accusation de la police israélienne sur les funérailles de Shireen Abu Akleh

La communauté internationale a annoncé l’intervention violente de la police israélienne, vendredi, lors des funérailles, à Jérusalem, de la journaliste Shireen Abu Akleh. De son côté, le Conseil de sécurité de l’ONU a “fermement condamné” le murmure du journaliste et appelé à “une enquête immédiate, approfondie, transparente et impartiale” sur cette affaire.

Des milliers de Palestiniens sont entrés à Jérusalem le vendredi 13 maiShireen Abou Aklehl’un de leurs journalistes a joué lors d’une opération israélienne, lors de raids maritimes par une charge de la police israélienne au départ du cortège funèbre, qui a été largement critiqué.

L’Union européenne a condamné “l’usage disproportionné de la force et le comportement irrespectueux de la police israélienne face aux participants à la procession funéraire”, selon son chef de la diplomatie, Josep Borrell.

“Mort par les scènes observées aujourd’hui en marge des funérailles et l’utilisation disproportionnée et irrespectueuse lors du cortège funèbre”, a également commenté sur Twitter Dimiter Tzantchev, ambassadeur de l’UE en Israël.


Côté Washington, la Maison Blanche est “profondément troublée” par les images obsessionnelles du journaliste.

“Nous avons tous ces images, elles sont profondément troublantes”, a déclaré Jen Psaki, porte-parole. “Nous explorons l’intrusion dans ce qui aurait été un cortège dans le calme”, ​​a-t-elle ajouté.

“Nous avons exigé le respect du cortège funèbre, du cortège des enfants et de la famille dans ce contexte sensible”, a-t-elle poursuivi, rendant hommage au “remarquable journaliste” retenu mercredi lors d’un raid israélien en Cisjordanie occupée.

“Nous avons été profondément troublés de voir les images de l’intrusion de la police israélienne dans le cortège funèbre” du journaliste, a déclaré de son côté le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, dans un communiqué.


Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est également dit “profondément troublé” par le comportement de “certains policiers israéliens” et son “ennui” ainsi que par les “affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et palestiniennes réunies à Saint-Joseph Hospital”, a indiqué un porte-parole de Farhan Haq.

A la sortie de cet hôpital de Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupée et annexée par l’Etat hébreu, la police israélienne a provoqué une éruption dans la tentative d’établissement et a tenté de disperser un incendie de draps palestiniens.

La surveillance a été effectuée par des policiers qui ont été piégés par la police mais ont été pris dans les extrêmes, selon des images retransmises par la télévision locale qui surveille également des policiers utilisant des matelas.

Le Conseil de sécurité à l’unanimité

“Si vous n’arrêtez pas ces chants nationalistes, nous vous disperserons par la force et nous inspecterons les pompiers pour avoir une place”, a déclaré dans un mégaphone un policier israélien en direction de la faute, selon une vidéo diffusée par la police .

Selon la Croix-Rouge palestinienne, 33 personnes ont été blessées lors des raids. La police israélienne a procédé à six arrestations.

Mercredi, la journaliste américano-palestinienne Al-Jazira, de Qatar TV, a été touchée d’une balle à la tête alors qu’elle couvrait un raid militaire israélien sur le camp de réfugiés de Jénine, au nord de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Elle transportait un gilet pare-balle scellé “presse” et un casque de reportage.

Ce murmure a abouti, vendredi soir, à une déclaration unanime du Conseil de sécurité de l’ONU, qui l’a “fermement condamné”.

Initiée par les Etats-Unis, cette très rare position unanime du Conseil de sécurité sur un sujet concernant Israël soutient également une demande d'”enquête immédiate, approfondie, transparente et impartiale” sur ce meurtre. Elle évoque la “nécessité de garantir une responsabilité” de son ou de ses auteurs, selon le texte obtenu par l’AFP.

A une heure de grande écoute, Israël a affirmé qu’il avait “probablement” réussi à tirer sur la Palestine. Mais l’Etat hébreu n’a alors pas dit que la balle avait été tirée par ses soldats. L’Autorité palestinienne, Al-Jazira et le gouvernement qatari ont accusé l’armée israélienne d’avoir l’armée.

“Profondément choquant”

La représentation française à Jérusalem a qualifié de “profondément choquantes” les “violations policières” à l’hôpital Saint-Joseph.

“Les forces d’occupation ne se sont pas cantonnées à Shireen (…) mais elles ont terrorisé ceux qui les ont accompagnées jusqu’à leur dernière mort”, ont affirmé les affaires étrangères du Qatar.

Après l’intervention de la police, la foule a accompagné le garde jusqu’à une église de la Vieille Ville où se tenait une foire, avant d’être détenue au cimetière.

Les sapeurs-pompiers du journaliste de 51 ans ont eu lieu alors que de nouveaux heurts se produisaient à et aux alentours de Jénine.

Un policier israélien a été tué lors d’une opération de l’armée israélienne à Burqin “contre des terroristes”, selon un communiqué officiel. Le groupe militant palestinien Jihad a indiqué que ses combattants ont été tués.

Dans le camp de réfugiés de Jénine, 13 Palestiniens ont été blessés, selon le ministère palestinien de la Santé.

L’armée israélienne a affirmé avoir lancé plusieurs opérations pour appréhender les Palestiniens qui fouillaient dans le camp de Jénine, un bastion des factions de l’armée palestinienne qui étaient à l’origine les auteurs des récents massacres en Israël.

Enquêtes

La mort de Shireen Abu Akleh a suscité une vague d’émotion dans les Territoires palestiniens, dans le monde arabe où ses reportages sont suivis depuis plus de deux décennies, en Europe et aux Etats-Unis. Plusieurs appels à une enquête “transparente” ont été lancés.

Selon un communiqué publié vendredi par le bureau du procureur général palestinien à Ramallah aux États-Unis, “les premiers résultats de l’enquête sur la scène du crime ont montré que la seule source d’incendie était les forces d’occupation israéliennes”.

Avant lui, l’armée israélienne avait indiqué qu’il n’était pas possible de déterminer dans l’immédiat les suites immédiates des résultats de son enquête. Le tir pourrait également être d’origine palestinienne et israélienne, selon elle.

Les autorités israéliennes se plaignent de remettre le ballon afin de procéder à un examen balistique. Ils ont suggéré que des experts palestiniens et américains soient présents lors de l’examen.

Mais le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a rejeté une enquête conjointe avec Israël. “Les autorités israéliennes ont commis ce crime et nous ne leur faisons pas confiance.”

Des manifestations contre la mort du journaliste ont eu lieu dans plusieurs pays et dans les Territoires palestiniens.

Sur le toit d’un meuble de la place centrale de Ramallah en Cisjordanie, le panneau d’affichage public affiche un portrait du journaliste, accompagné d’un message : “A la Revue Shireen, à la Revue de la Voix de la Palestine”.

Avec l’AFP

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