Vivre plus longtemps ? Les pentes de l’Europe pour repousser le vieillissement des corps

Peine s’taatit-il offert une virée dans l’espace en juillet dernier que Jeff Bezos voyait déjà beaucoup le long : en finir avre notre sad sad statut de mortel. Le fondateur d’Amazon a, en effet, rejoint la cohorte des investisseurs, dont Iouri Milner, l’un des premiers actionnaires de Facebook et Airbnb, qui a dépensé 3 milliards de dollars sur Alto Labs. Ce dernier prétend inverser le vieillissement des cellules humaines. Objectif, porter l’espérance de vie à 120, puis 150 ans. Et pourquoi pas à partir de là ?

Retardez la date de lancement de notre bière, c’est la nouvelle frontière de la Silicon Valley. Un caprice de milliardaires ? Il y a ça, mais la science avance. “On va déclarer le processus de vieillissement, ce n’est plus un fantasme”, assure Miria Ricchetti, responsable de l’unité des mécanismes moléculaires du vieillissement à l’Institut Pasteur. Une révolution médicale. Jusqu’à présent, les pathologies liées à l’âge (cancers, maladies cardiovasculaires ou neurodégénératives, etc.) étaient traitées de manière segmentée.

Or, si la genèse de ces maladies est liée à un processus commun, l’accumulation de cellules sénescentes, on pourrait donc s’occuper de revitaliser les cellules d’endométriose. Une piste confirmée par la découverte majeure du professeur Shinya Yamanaka, prix Nobel de médecine 2012, qui a montré qu’il était possible de se débarrasser des cellules adultes et de réduire leur qualité de réparation des cellules embryonnaires.

En plus de la difficulté technique, il faut aussi s’affranchir de la réglementation, car la vieillesse n’est pas considérée comme une maladie. Il n’est donc pas possible à l’heure actuelle de prescrire un médicament dans les règles pour guérir.

Cette perspective vertigineuse fascine les bourgeois californiens qui s’abstiennent des thèses transhumanistes. Avant la création d’Alto Labs, les investissements dans les start-up et les laboratoires universitaires pour découvrir un remède contre la vieillesse dépassent les 2 milliards de dollars par an.

Pour l’instant aucun résultat tangible. Calico, créé en 2013 par le co-fondateur de Google Larry Page pour identifier les facteurs héréditaires à long terme, n’a pas encore été publié. Peter Thiel, natif d’eBay, n’a pas eu plus de succès avec deux de ses projets : Unity Biotechnology, comme remède à la dégradation cellulaire, est dans une impasse, et Ambrosia, qui propose d’injecter du plasma sanguin de jeunes gens à des personnes âges, a dû fermer. A proximité d’un essai clinique traditionnel et plus prometteur, des tests sur 3 000 patients à la Mayo Clinic de Rochester (Minnesota) avec la metformine, un médicament antidiabétique connu qui peut booster le métabolisme et soulager l’inflammation.

Parmi ceux-ci, l’Atlantique, pas le big boss qui a connu l’immortalité (de la moindre publicité) ni l’influent lobby transhumain, mais une très bonne recherche fondamentale sur la question. L’étude du vieillissement a également été intégrée fin 2010 dans le financement du Conseil européen de la recherche (ERC), qui assure un quart des bourses de recherche par l’un des laboratoires universitaires spécialisés dans le domaine.

“En Europe, l’idée vaut mieux aider les humains à vivre plus longtemps en bonne santé que d’imaginer une hypothétique existence de 150 ans ou plus”, résume le professeur Eric Gilson, coordinateur de l’Inserm d’AgeMed, principal programme dédié au cellulaire vieillissement en France, qui mobilise une équipe jumelle, un budget de 60 millions d’euros sur cinq ans et un développement de nombreuses coopérations internationales (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Singapour…). Lancé en 2016, ce projet vise à faire progresser la biologie cellulaire pour trouver de nouveaux traitements préventifs contre le cancer et les maladies dégénératives.

Même si les budgets sont sans commune mesure avec ceux dont disposent les Américains, la recherche académique en biologie cellulaire contribue au développement d’un écosystème qui favorise. Pas pour gagner la mort mais pour soigner des maladies bien définies. Ainsi, le professeur Jean-Marc Lemaitre, l’un des grands experts français en la matière – son équipe montpelliéraine a reconditionné des centenaires dans des cellules de jeunesse – a créé Organips, dont le but est de créer des organes fonctionnels à partir de cellules alvéolaires. Il est également possible à terme de mettre en place des graffitis pour remplacer des organes touchés par le cancer.

Citons également Smart Immune, dans le pôle Paris Santé Cochin, qui utilise la thérapie cellulaire pour recréer le système immunitaire chez les victimes de leucémie. Autre exemple, la start-up bordel TreeFrog, fondée par deux habitués, qui a levé un fonds de 61 millions d’euros. Ses travaux en thérapie cellulaire devraient permettre de lutter contre la maladie de Parkinson. Premier essai sur l’homme en 2026.

Ces entreprises peuvent rivaliser avec les Américains ? “Cela semble compliqué, mais c’est une approche plus rationnelle”, a déclaré Laurent Alexandre, fondateur de Doctissimo et spécialiste de la technologie. . ” Bref, ceux qui vivent 150 ans ne le sont pas encore.

Le travail des start-up européennes qui pourrait ralentir la dégénérescence

GenSight, une start-up parisienne, a mis en place un traitement contre la maladie de Leber, qui rend éveillé en quelques semaines.

TreeFrog, à Bordeaux, cultive des cellules suceuses pour développer des microtissus de neurones qui pourraient être affectés.

L’Irish Senolytic envisage la réduction et l’élimination des cellules sénescentes à l’origine des récidives cancéreuses.

La société britannique Shift Bioscience mène des recherches sur les pertes de production d’énergie cellulaire qui pourraient être à l’origine.

MedXCell, à Montpellier, a déjà testé avec succès un traitement cellulaire régénératif pour traiter cette pathologie.