Volley-ball de plage | Tyler Brossard : Se séparer pour grandir

Tyler Brossard est jeune, mais c’est déjà une sorte de pionnier, à sa manière. À 18 ans seulement, il est l’un des rares Canadiens à avoir reçu une bourse universitaire complète pour pratiquer son sport au sud de la frontière. Son sport étant le beach-volley, ce fait d’armes est d’autant plus rare.

Publié à 18h00

Nicolas Richard

Nicolas Richard
La Presse

C’est un peu après la dernière période des Fêtes que l’athlète de Saint-Basile-le-Grand a enfin reçu la réponse qu’il avait épargnée de la Westcliff University, située dans le sud de la Californie.

Dix-huit mois auparavant, il avait été contacté pour la première fois avec les responsables du programme. Brossard ne voulait pas baisser les bras. Le volleyball de plage n’a aucune popularité, il y a très peu de choix quant au nombre d’appels parmi les jeunes étudiants qui ont l’intention de poursuivre dans ce domaine. La discipline se développe favorablement du côté féminin, au sein de la National Collegiate Athletic Association (NCAA), notamment.

Chez les hommes, la National Association of Intercollegiate Athletics (NAIA), qui est une ligue similaire à la NCAA, propose depuis un certain temps des programmes masculins de volleyball de plage. Six universités font partie du circuit à ce jour.

Ainsi, au début du processus de sélection, les Québécois ont écrit à chacune des écoles pour tenter de comprendre leur vision et leur philosophie, mais surtout pour se faire remarquer par les formateurs. Parmi elles, une université en Floride, une en Virginie et trois en Californie m’intéressent beaucoup. En fin de compte, il a décidé de se concentrer sur l’entraîneur qui était le plus intéressé. Il a donc tout raté sur Westcliff.

Au départ, l’université était prête à lui offrir une bourse qui couvrirait 70 % de ses frais d’étudiant-athlète. Enfin, il réussit à obtenir une bourse complète. « J’ai beaucoup aimé ça pendant un an et demi et je pense que j’ai du succès, parce que je suis un gars qui en a vraiment envie », dit Brossard.

Il n’ouvrira pas sur le campus avant un nouvel étudiant en janvier 2023.

L’exil floridien

Tyler Brossard est arrivé dans le monde du sport par la porte empruntée par de nombreux gamers, le cell hockey. Cependant, il a estimé que cela devenait trop sérieux et que sa principale motivation, le plaisir, était altruiste, il s’est tourné vers le volley.

PHOTO FOURNIE PAR OLIVIER BROSSARD

Tyler Brossard

C’est dans l’intérêt de cette discipline d’émaner de l’enfance, lorsqu’il jouerait son père avec des amis dans l’arrière-cour. C’est le premier qu’il s’initie au minivolleyball, car l’accès au volleyball de plage est restreint au Québec. Il poursuit ses études à l’école secondaire, intégrant un programme de volley-ball sportif intérieur de la première à la troisième année. En effet, encouragé par sa famille, il se situe uniquement en Floride, dans la région de Port Sainte-Lucie, où on le trouve encore aujourd’hui. Il s’agit d’entrer dans une académie de beach volley dans le but de se perfectionner. Il parle d’une “vraie vengeance”. C’est ce qui a marqué le début de sa carrière sur la zibeline.

Il a suivi, ses parents et sa belle-sœur ont rejoint le Sunshine State.

Pour l’instant, Brossard est l’un des plus grands espoirs du pays. Il fait notamment partie de l’équipe du Québec et a accueilli plusieurs compétitions d’envergure, dont le coéquipier des espoirs U17 et coéquipier Noah Rochefort.

Changer les mentalités

Malgré son talent indéfinissable, Tyler Brossard a été poussé, d’une certaine manière, vers les États-Unis. Dans le monde du volleyball, Brossard est considéré comme un petit joueur, de 17 h à 23 h.

Selon lui, les entraîneurs et chefs d’orchestre québécois et canadiens accordent beaucoup trop d’importance à la taille. En réalité, c’est à l’avantage de l’un des deux joueurs d’être le plus grand possible. Ceux qui prennent la défense au sol peuvent être plus petits, car ils sont suffisamment agiles et explosifs pour mieux protéger leur territoire.

Le meilleur exemple, et le plus marquant, est sans doute le duo composé de Sarah Pavan et Melissa Humana-Paredes, la paire canadienne la plus prolifique des dernières années. Sur le filet, Pavan mesure 6 pi 5 po. A l’arrière, Humana-Paredes a fait 5 pi 9 po. Le duo n’a pas remporté le duo de la Coupe du monde 2019.

Au Canada, on s’entend sur un certain nombre d’imports importants à la taille, c’est presque les gradins des critères d’évaluation des équipes d’élite. Pour moi, cela n’avait pas de sens.

Tyler Brossard

Pour illustrer à quel point la mentalité est différente aux Etats-Unis, il a ajouté que lorsqu’il a contacté pour la première fois son futur entraîneur à Westcliff, il ne lui a jamais demandé quelle était sa taille.

“Je ne suis pas le plus talentueux, je ne suis pas le plus grand ni le plus fort, mais je veux vraiment aller au sommet et je veux essayer les entraîneurs qui ont dit que j’étais trop petit pour être possible. Je travaille dur pour y arriver. »

Tyler Brossard adore les Jeux olympiques et il adore ça. Le jeune de 18 ans voulait écrire une histoire différente de celle qu’il avait prédite. À sa manière, il espère inspirer d’autres jeunes garçons à jouer au volleyball de plage.

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